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Le microbiote intestinal est devenu un argument de vente un peu partout : yaourts « qui renforcent vos défenses », gélules de probiotiques, boissons fermentées à la mode… Derrière le marketing, il y a pourtant une réalité solide et plutôt rassurante : ce que vous mettez dans votre assiette tous les jours façonne les bactéries qui vivent dans votre intestin. Et les aliments qui leur conviennent le mieux sont simples, peu coûteux, et déjà dans votre cuisine.

Dans ce guide, je vous explique ce qu’est le microbiote et ce qu’il fait pour vous, puis je passe en revue les familles d’aliments qui le favorisent : les fibres, les prébiotiques, les aliments fermentés et les polyphénols. Nous verrons aussi ce qui le fragilise, comment manger sans gluten sans l’appauvrir (un point qui me tient particulièrement à cœur), et comment organiser concrètement vos repas.

Quels sont les aliments qui favorisent le microbiote ?

Quels sont les aliments qui favorisent le microbiote ?

Le microbiote intestinal, qu’est-ce que c’est ?

Une population vivante qui vous est propre

Le microbiote intestinal, qu’on appelait autrefois la flore intestinale, désigne l’ensemble des micro-organismes qui vivent dans notre tube digestif : des bactéries surtout, mais aussi des levures et des virus. Ils se comptent en dizaines de milliers de milliards et se concentrent dans le côlon. Chaque personne héberge plus d’une centaine d’espèces bactériennes, dans une combinaison qui lui est propre, un peu comme une empreinte.

Cette composition se met en place dès la naissance, se stabilise vers l’âge de deux ou trois ans, puis continue d’évoluer avec l’alimentation, les médicaments, l’âge et le mode de vie. C’est justement ce qui rend l’alimentation si intéressante : c’est un levier sur lequel vous avez prise chaque jour.

Ce qu’il fait pour vous

  • Il digère ce que vous ne savez pas digérer. Nos enzymes ne viennent pas à bout des fibres. Arrivées intactes dans le côlon, elles sont fermentées par les bactéries, qui produisent des acides gras à chaîne courte (acétate, propionate, butyrate). Le butyrate est la principale source d’énergie des cellules qui tapissent le côlon.
  • Il fabrique certaines vitamines, notamment de la vitamine K et des vitamines du groupe B.
  • Il occupe le terrain : en colonisant l’intestin, les bactéries résidentes laissent moins de place aux micro-organismes pathogènes.
  • Il dialogue avec le système immunitaire, dont une grande partie se trouve dans la paroi intestinale, et participe à son apprentissage.

Et le « deuxième cerveau » ?

L’expression désigne d’abord le système nerveux de l’intestin, un réseau de plusieurs centaines de millions de neurones qui pilote la digestion de façon autonome. Les chercheurs étudient aussi les échanges entre le microbiote et le cerveau, ce qu’on appelle l’axe intestin-cerveau. Les travaux chez l’animal sont nombreux ; chez l’humain, les liens avec l’humeur ou le stress restent à confirmer. Méfiez-vous donc des produits qui promettent d’améliorer votre moral en agissant sur votre ventre.

Comprendre le microbiote intestinal

Comprendre le microbiote intestinal

Les aliments qui favorisent le microbiote en un coup d’œil

Pour prendre soin de son microbiote, on dispose de trois leviers : le nourrir avec des fibres, lui apporter des micro-organismes vivants grâce à certains aliments fermentés, et varier le plus possible les végétaux. Voici les grandes familles d’aliments, que je détaille ensuite.

Famille d’aliments Ce qu’elle apporte au microbiote Exemples
Légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes Des fibres variées, fermentées dans le côlon Poireau, chou, carotte, pomme, lentilles, pois chiches, sarrasin, riz complet
Aliments riches en prébiotiques Des fibres utilisées en priorité par certaines bactéries bénéfiques Topinambour, chicorée, artichaut, ail, oignon, asperge, banane peu mûre
Aliments fermentés non chauffés Des micro-organismes vivants Yaourt, kéfir, légumes lactofermentés crus, miso non pasteurisé
Aliments riches en polyphénols Des composés transformés par les bactéries du côlon Fruits rouges, cacao, thé, huile d’olive vierge, herbes et épices
Fruits à coque et graines Des fibres et de bonnes graisses Noix, amandes, noisettes, graines de lin, de chia, de courge

Les fibres, premier carburant du microbiote

Si je ne devais garder qu’un seul conseil, ce serait celui-ci : mangez plus de fibres, et des fibres variées. Tout le reste vient après.

Pourquoi elles comptent autant

Les fibres sont la partie des végétaux que l’intestin grêle ne digère pas. Elles arrivent donc dans le côlon, où elles deviennent la nourriture principale des bactéries. Quand elles manquent, le microbiote s’appauvrit : moins de nourriture, c’est moins d’espèces capables de se maintenir. Les fibres jouent aussi un rôle plus mécanique, en donnant du volume aux selles et en aidant à la régularité du transit.

Dans les grandes études de population, les apports élevés en fibres sont par ailleurs associés à un moindre risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de cancer colorectal. Ce sont des associations, pas des garanties, mais elles vont toutes dans le même sens.

Combien en manger ?

L’Anses fixe l’apport satisfaisant à 30 g de fibres par jour pour un adulte. Or l’étude INCA 3, qui décrit la consommation alimentaire des Français, montre que nous en mangeons en moyenne autour de 20 g. Il en manque donc environ un tiers à la plupart d’entre nous.

Pour fixer les idées, une portion de légumes, de fruits ou de céréales complètes apporte en général 2 à 4 g de fibres, alors qu’une assiette de lentilles ou de pois chiches cuits en apporte une dizaine de grammes. C’est pour cela que les légumineuses sont si précieuses.

Où les trouver

  • Les légumes, crus et cuits : choux, poireaux, carottes, artichauts, épinards, haricots verts, betteraves…
  • Les fruits, entiers plutôt qu’en jus, puisque le pressage laisse l’essentiel des fibres de côté : pommes, poires, fruits rouges, kiwis, agrumes en quartiers.
  • Les légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots secs, pois cassés. Le PNNS recommande d’en manger au moins deux fois par semaine.
  • Les céréales et pseudo-céréales complètes : riz complet ou semi-complet, sarrasin, millet, quinoa, toutes naturellement sans gluten.
  • Les fruits à coque et les graines : une petite poignée par jour, non salée, comme le conseille le PNNS.

Chaque type de fibre nourrit des groupes de bactéries différents. C’est pour cela que la variété compte autant que la quantité.

Augmenter les fibres sans inconfort

Si vous partez de peu, augmentez vos fibres sur deux ou trois semaines plutôt que du jour au lendemain : leur fermentation produit des gaz, et un microbiote peu habitué a besoin de temps pour s’adapter. Buvez suffisamment en parallèle, les fibres ont besoin d’eau pour bien jouer leur rôle dans le transit. Pour les légumineuses, un trempage prolongé, un bon rinçage et une cuisson complète les rendent nettement plus digestes.

Aliments riches en fibres : essentiels pour un microbiote sain

Aliments riches en fibres : essentiels pour un microbiote sain

Les prébiotiques : les fibres préférées des bonnes bactéries

Toutes les fibres nourrissent le microbiote, mais certaines sont utilisées de façon plus sélective par des bactéries considérées comme bénéfiques, en particulier les bifidobactéries. Ce sont elles qu’on appelle prébiotiques. La définition scientifique actuelle, établie en 2017 par l’association internationale ISAPP, parle d’un substrat utilisé sélectivement par les micro-organismes de l’organisme et qui procure un bénéfice pour la santé.

Les aliments les plus riches en prébiotiques

  • Le topinambour, la racine de chicorée et le salsifis, très riches en inuline.
  • L’ail, l’oignon, le poireau et l’échalote, riches en inuline et en fructo-oligosaccharides (FOS). Le poireau est sans doute le plus facile à mettre souvent au menu.
  • L’artichaut et l’asperge.
  • Les légumineuses, qui contiennent des galacto-oligosaccharides (GOS). Ce sont eux qui expliquent leur réputation un peu bruyante.
  • La banane encore un peu verte : en mûrissant, son amidon se transforme en sucres ; peu mûre, elle apporte de l’amidon résistant, qui se comporte comme une fibre.

Mon astuce : l’amidon résistant

Quand on cuit des pommes de terre, du riz ou des légumineuses et qu’on les laisse refroidir au réfrigérateur, une partie de leur amidon se réorganise et devient résistante à la digestion : elle passe alors dans le côlon comme une fibre. Une salade de pommes de terre ou de riz préparée la veille en contient donc davantage qu’un plat tout juste sorti de la casserole, et un réchauffage n’efface pas tout. Une raison de plus pour cuisiner à l’avance.

Intestin sensible : allez-y doucement

Les fibres prébiotiques sont très fermentescibles. C’est leur intérêt, mais c’est aussi pourquoi elles provoquent ballonnements et douleurs chez certaines personnes, en particulier celles qui souffrent du syndrome de l’intestin irritable : elles font partie des FODMAP. Un régime pauvre en FODMAP peut alors soulager, mais il se suit sur une durée limitée, idéalement avec un diététicien. On réintroduit ensuite progressivement les aliments bien tolérés, justement pour ne pas priver le microbiote de ces fibres sur le long terme.

Les prébiotiques : nourriture pour le microbiote

Les prébiotiques : nourriture pour le microbiote

Probiotiques et aliments fermentés : ce qu’ils apportent vraiment

Un probiotique, c’est quoi exactement ?

Selon la définition de la FAO et de l’OMS, un probiotique est un micro-organisme vivant qui, consommé en quantité suffisante, procure un bénéfice pour la santé. Deux mots comptent dans cette définition : vivant et bénéfice. Les effets observés dépendent de la souche précise et de la dose, si bien qu’on ne peut pas transposer les résultats d’un produit à un autre.

À ce jour, aucune allégation de santé « probiotique » n’a été autorisée en Europe pour un aliment. La seule allégation validée sur ce terrain concerne les ferments du yaourt : ses cultures vivantes améliorent la digestion du lactose chez les personnes qui le digèrent mal. C’est d’ailleurs pour cela que beaucoup de personnes intolérantes au lactose supportent mieux le yaourt que le lait.

Fermenté ne veut pas dire vivant

La fermentation transforme un aliment grâce à des bactéries ou à des levures. Mais si l’aliment est ensuite cuit, pasteurisé ou stérilisé, ces micro-organismes meurent. C’est le cas du pain au levain, du tempeh (toujours cuit avant d’être mangé), de la choucroute cuite vendue sous vide, et d’une partie des misos et des kombuchas du commerce. Ces aliments gardent d’autres qualités, la fermentation les rendant souvent plus digestes, mais ils n’apportent plus de micro-organismes vivants.

Les aliments fermentés qui apportent des ferments vivants

  • Le yaourt et les laits fermentés : en France, l’appellation « yaourt » est réservée aux produits dont les ferments sont encore vivants au moment de la vente. Si vous évitez les produits laitiers, un yaourt végétal maison préparé avec des ferments fait aussi l’affaire. Choisissez-les nature, sans sucre ajouté.
  • Le kéfir, de lait ou de fruits : une boisson fermentée par un ensemble de bactéries et de levures, très facile à préparer chez soi.
  • Les légumes lactofermentés crus : choucroute crue, kimchi, carottes, betteraves… Ceux du commerce sont souvent pasteurisés ; faits maison, ils restent vivants. Je vous explique tout dans mon article sur les légumes lactofermentés et la lactofermentation.
  • Le miso non pasteurisé, à ajouter hors du feu, en fin de préparation : l’ébullition détruit ses ferments.
  • Le kombucha maison, ce thé fermenté légèrement pétillant.

Ces micro-organismes ne s’installent pas pour autant dans l’intestin : la plupart ne font que passer. C’est pour cela qu’une consommation régulière, en petites quantités, est plus intéressante qu’une grosse dose de temps en temps.

Les probiotiques : alliés du microbiote

Les probiotiques : alliés du microbiote

Comment les intégrer sans excès

  • Commencez par une ou deux cuillerées de légumes lactofermentés en condiment, pas un bol entier.
  • Gardez-les crus : avec un plat chaud, ajoutez-les directement dans l’assiette, au dernier moment.
  • Tenez compte du sel : choucroute, kimchi et miso en contiennent beaucoup, allégez donc le reste du repas.
  • Si vous réagissez à l’histamine, sachez que les aliments fermentés en sont souvent riches.

Pour vous lancer, suivez ma méthode pour lactofermenter des légumes, puis piochez dans toutes mes recettes lactofermentées et fermentées.

Et les probiotiques en gélules ?

Chez une personne en bonne santé, aucune preuve solide ne montre qu’un complément de probiotiques améliore la santé en général. Certaines souches ont en revanche montré un intérêt dans des situations précises, par exemple pour limiter la diarrhée liée aux antibiotiques. C’est une question à poser à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout si votre système immunitaire est affaibli.

Les polyphénols, l’autre nourriture du microbiote

On les connaît pour leur rôle antioxydant, beaucoup moins pour leur lien avec le microbiote. Pourtant, une grande partie des polyphénols n’est pas absorbée dans l’intestin grêle : ils arrivent dans le côlon, où les bactéries les transforment en d’autres composés, et ils influencent en retour la composition du microbiote. On en trouve dans les fruits rouges, les pommes, le cacao, le thé, l’huile d’olive vierge, les oignons rouges, les herbes aromatiques et les épices. Un argument de plus pour colorer vos assiettes.

Manger sans gluten sans appauvrir son microbiote

Pour qui le sans gluten est indispensable

Le gluten est un ensemble de protéines présentes dans le blé, l’orge, le seigle et les variétés anciennes de blé comme l’épeautre. Chez les personnes atteintes de maladie cœliaque, soit environ 1 % de la population, dont beaucoup l’ignorent, il déclenche une réaction auto-immune qui abîme la paroi de l’intestin grêle. Son éviction stricte et à vie est le seul traitement : elle permet à la muqueuse de cicatriser. L’allergie au blé et la sensibilité au gluten non cœliaque justifient elles aussi de l’éviter.

Si vous soupçonnez une maladie cœliaque, faites-vous dépister avant de supprimer le gluten : une fois le gluten retiré, les examens risquent de revenir faussement normaux.

Ce que l’éviction du gluten change pour le microbiote

Si vous tolérez le gluten, le supprimer n’améliore pas votre microbiote. Une petite étude espagnole publiée en 2009 a même observé, chez des volontaires en bonne santé passés au sans gluten pendant un mois, une baisse de certaines bactéries bénéfiques, dont les bifidobactéries. Les chercheurs l’ont attribuée non pas à l’absence de gluten, mais à la baisse des glucides complexes qui l’accompagne souvent : le blé est l’une de nos principales sources de fibres, et notamment de fructanes, qui sont des prébiotiques.

La leçon vaut pour tous ceux qui mangent sans gluten, par nécessité comme par choix : il faut remplacer le blé par d’autres sources de fibres, et pas seulement par des amidons.

Les bonnes sources de fibres sans gluten

  • Le sarrasin, le millet, le quinoa, l’amarante, le sorgho et le teff, en grains, en flocons ou en farine.
  • Le riz complet ou semi-complet, plutôt que du riz blanc à chaque repas.
  • Les légumineuses et leurs farines (pois chiche, lentille, fève), excellentes en galettes, en crêpes et dans les pains.
  • La farine de châtaigne.
  • Le psyllium et les graines de lin ou de chia, qui servent de liant dans les pains sans gluten tout en apportant beaucoup de fibres.
  • L’avoine pure garantie sans gluten : elle est tolérée par la plupart des personnes cœliaques, mais pas par toutes. Parlez-en à votre médecin avant de l’introduire.

Le piège des produits sans gluten du commerce

Beaucoup de pains, biscuits et pâtes sans gluten industriels reposent sur des farines raffinées et des amidons (riz blanc, maïs, fécule de pomme de terre ou de tapioca). Ils sont pauvres en fibres, et souvent plus sucrés ou plus gras que leurs équivalents classiques. Lisez la liste des ingrédients et, quand vous le pouvez, faites votre pain vous-même : vous trouverez de quoi démarrer dans mes recettes de pains sans gluten, et mon calculateur de farines vous aide à composer votre mélange.

Ce qui fragilise le microbiote

Une alimentation pauvre en végétaux

Le premier ennemi du microbiote, c’est le manque de fibres. Une alimentation centrée sur les produits ultra-transformés, les farines raffinées, le sucre et la viande laisse peu de nourriture aux bactéries du côlon. Le sucre ajouté pose surtout problème par ce qu’il remplace : il est absorbé avant d’atteindre le côlon, mais une alimentation très sucrée est presque toujours pauvre en fibres.

Certains additifs

Des travaux chez la souris ont montré que deux émulsifiants très répandus, la carboxyméthylcellulose (E466) et le polysorbate 80 (E433), modifient le microbiote et fragilisent la couche de mucus qui protège la paroi intestinale. Un premier essai chez l’humain a retrouvé des effets de la carboxyméthylcellulose sur le microbiote. Certains édulcorants, comme la saccharine et le sucralose, le modifient aussi chez une partie des personnes étudiées. Ces données restent à confirmer, mais elles rejoignent un conseil de bon sens : préférer les aliments dont la liste d’ingrédients est courte.

L’alcool

Une consommation régulière d’alcool perturbe le microbiote et irrite la paroi intestinale. Santé publique France recommande de ne pas dépasser 10 verres par semaine et 2 verres par jour, et de garder des jours sans alcool.

Les antibiotiques pris sans nécessité

Ce n’est pas un aliment, mais c’est l’un des facteurs qui bousculent le plus le microbiote : un traitement antibiotique réduit fortement sa diversité, qui met ensuite des semaines, parfois des mois, à se reconstituer. Ils restent indispensables quand ils sont prescrits (ne les arrêtez jamais de vous-même), mais ils sont inutiles contre les infections virales comme le rhume ou la grippe. Pendant et après un traitement, c’est le moment de soigner tout particulièrement vos apports en fibres variées.

Au quotidien : comment nourrir son microbiote

Pas besoin de super-aliments ni de produits spéciaux. Voici comment j’organise les repas pour que le microbiote y trouve son compte.

Au petit déjeuner

  • Un porridge de flocons de sarrasin, de millet ou d’avoine garantie sans gluten, avec un fruit entier et une cuillerée de graines.
  • Un yaourt nature ou un verre de kéfir, si vous les tolérez.

Au déjeuner et au dîner

  • Des légumes à chaque repas, idéalement la moitié de l’assiette, en alternant crus et cuits.
  • Des légumineuses au moins deux fois par semaine : dahl, houmous, salade de lentilles, chili.
  • Des féculents complets ou semi-complets plutôt que raffinés.
  • Une cuillerée de légumes lactofermentés crus en condiment.
  • De l’ail, de l’oignon, du poireau, des herbes et des épices dans vos préparations, sans compter.

Pour les petites faims

  • Un fruit frais, une petite poignée de noix ou d’amandes non salées, ou quelques carrés de chocolat noir.

En cuisine

  • Cuisinez maison le plus souvent possible : c’est le moyen le plus simple de maîtriser les fibres, le sel, le sucre et les additifs.
  • Préparez vos féculents la veille pour profiter de l’amidon résistant.
  • Changez de légumes, de fruits et de céréales d’une semaine à l’autre plutôt que de tourner sur les mêmes.

Mon conseil

Comptez vos végétaux. Une grande étude participative américaine, l’American Gut Project, a observé que les personnes qui mangeaient plus de 30 végétaux différents par semaine avaient un microbiote plus diversifié que celles qui en mangeaient moins de 10. Ce n’est qu’une association, mais c’est un jeu très motivant : légumes, fruits, légumineuses, céréales, fruits à coque, graines, herbes et épices comptent tous. Faites le compte sur une semaine ordinaire (on est souvent surpris de tourner sur une douzaine d’aliments), puis ajoutez-en un ou deux nouveaux chaque semaine. Un mélange de graines ou un bouquet d’herbes fraîches fait grimper le score très vite.

Et si vous avez des troubles digestifs qui durent, ne cherchez pas la solution seul dans votre assiette : parlez-en à votre médecin.

Questions fréquentes sur le microbiote et l’alimentation

Quel est le meilleur aliment pour le microbiote ?

Il n’y en a pas un seul. Ce qui compte, c’est la variété des fibres : légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, fruits à coque et graines. Pour commencer, les légumineuses et les légumes riches en prébiotiques (poireau, oignon, ail, artichaut, topinambour) sont d’excellents choix.

En combien de temps l’alimentation modifie-t-elle le microbiote ?

Très vite : des études ont observé des changements de composition en quelques jours après un changement d’alimentation. Mais ils s’estompent tout aussi vite si l’on revient à ses anciennes habitudes. C’est l’alimentation de tous les jours, sur des mois, qui façonne durablement le microbiote.

Quelle différence entre probiotiques et prébiotiques ?

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants, apportés par certains aliments fermentés ou par des compléments. Les prébiotiques sont des fibres qui nourrissent sélectivement les bactéries bénéfiques déjà présentes dans l’intestin. Les premiers apportent, les seconds nourrissent.

La choucroute du commerce contient-elle des bactéries vivantes ?

Le plus souvent, non : la choucroute vendue cuite, en sachet ou en conserve, a été chauffée. Pour profiter de ferments vivants, il faut une choucroute crue, que l’on trouve au rayon frais ou chez certains traiteurs, ou une choucroute maison, mangée crue.

Manger sans gluten est-il bon pour le microbiote ?

Pour une personne cœliaque, l’éviction du gluten est indispensable à la guérison de l’intestin. Pour une personne qui tolère le gluten, ce n’est pas un avantage en soi, et cela peut même appauvrir le microbiote si le blé est remplacé par des produits raffinés. Dans tous les cas, l’essentiel est de garder des sources de fibres variées : sarrasin, millet, quinoa, riz complet, légumineuses.

Pourquoi ai-je des ballonnements quand je mange plus de fibres ?

Parce que les bactéries du côlon fermentent ces fibres et produisent des gaz. C’est normal et le plus souvent passager : augmentez progressivement, buvez suffisamment et laissez quelques semaines à votre microbiote pour s’adapter. Si les douleurs ou les ballonnements sont importants ou persistent, consultez votre médecin.

Sources

  • Inserm, dossier Microbiote intestinal (flore intestinale)
  • Anses, actualisation des repères du PNNS (2016) et étude INCA 3 (2017) ; repères alimentaires du PNNS sur Manger Bouger
  • Santé publique France, repères de consommation d’alcool
  • Règlement (UE) n° 432/2012 établissant la liste des allégations de santé autorisées
  • Hill et al., consensus de l’ISAPP sur les probiotiques, Nature Reviews Gastroenterology & Hepatology, 2014 ; Gibson et al., consensus de l’ISAPP sur les prébiotiques, même revue, 2017
  • De Palma et al., effets d’un régime sans gluten sur le microbiote de volontaires sains, British Journal of Nutrition, 2009
  • David et al., Nature, 2014 ; McDonald et al. (American Gut), mSystems, 2018
  • Chassaing et al., Nature, 2015 et Gastroenterology, 2022 ; Suez et al., Cell, 2022

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