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Je reviens sur le sujet du kéfir d’eau pour répondre aux interrogations que je reçois le plus souvent, à savoir : comment utiliser les grains de kéfir déshydratés ? Quel sucre utiliser ? Quelle est la meilleure eau ? Comment obtenir plus de pétillant ? Bref une mise à jour et des précisions qui viendront compléter mes précédents articles sur le sujet que vous retrouvez ici :

J’en profite aussi pour vous montrer, en vidéo, comment je m’organise avec un bocal dédié à accessoires (type kefirko), qui simplifie le filtrage et le pressage du citron. Ce n’est pas indispensable — un simple grand bocal en verre et un morceau de gaze font parfaitement l’affaire — mais si vous fabriquez du kéfir souvent, ce genre d’accessoire fait gagner du temps.

Vidéo : Comment faire du kéfir d’eau ou kéfir de fruits ?


Réalisation pas à pas du kéfir d’eau ou kéfir de fruits

>>> Fichier transcript de la vidéo en pdf

Préparation de la boisson kéfir de fruits

Préparation de la boisson kéfir de fruits

Préparation de la boisson kéfir de fruits

Préparer une boisson pétillante à l’aide de grains de kéfir d’eau n’a rien de sorcier. Pour environ 1 litre, il vous faut le jus d’un demi-citron, 2 figues, 3 cuillerées à soupe de sucre environ et de l’eau non chlorée. Et bien sûr nos fameux grains de kéfir, au moins 2 cuillerées à soupe quand ils ne sont pas déshydratés !

Vous déposez les grains de kéfir dans un grand bocal. Ensuite vous ajoutez le jus de citron, le sucre et l’eau et vous mélangez. Ajoutez 2 figues et fermez le bocal de façon à laisser passer l’air mais pas la poussière : un tissu fin, ou de la gaze et un élastique autour, font très bien l’affaire.

Quel sucre utiliser dans le kéfir d’eau ?

Pour ceux qui font attention à leur consommation de sucre, il faut savoir que les grains de kéfir se nourrissent du sucre : c’est ce qui les fait grandir et se reproduire. Donc non, pas d’édulcorant pour les grains de kéfir, du vrai sucre. Vous pouvez utiliser du sucre de canne blond, le plus simple, ou du sucre blanc de betterave. Vous pouvez aussi utiliser du rapadura, du sucre intégral, du muscovado, du sucre roux, de la cassonade, de la vergeoise, de la mélasse ou encore du sirop d’érable. On évitera le miel, qui a des propriétés antibactériennes et antifongiques et ne ferait pas bon ménage avec la bonne santé des grains.

Vous l’aurez compris : du vrai sucre, plus ou moins complet. L’avantage du sucre complet, c’est qu’il apporte son lot de minéraux, dont vos grains profiteront aussi — c’est utile, on verra pourquoi dans la section sur l’eau. En contrepartie, vos grains prendront la couleur du sucre complet. Ça ne change en rien leur qualité.

Selon les souches, préférez l’un ou l’autre des sucres (blancs ou complets). N’hésitez pas à varier : si vous voyez qu’un sucre complet a tendance à faire diminuer votre quantité de grains, revenez à un sucre blanc. Pensez à garder une partie de vos grains avant de tenter des expériences, pour ne pas risquer de tout perdre. De même pour l’eau : testez des eaux différentes.

Plus la fermentation est longue, moins il reste de sucre à la fin. Vous pouvez goûter au fur et à mesure et stopper quand le goût vous convient. En général il faut 24 à 48 heures. Si on attend plus, la boisson devient légèrement vinaigrée et moins agréable à boire.

Quelle eau utiliser pour faire du kéfir ?

C’est le point qui fait le plus échouer les débutants, et il est contre-intuitif. Je l’explique en détail dans mon article Tout savoir sur le kéfir de fruits, mais voici l’essentiel.

Les grains de kéfir ont besoin de minéraux pour se multiplier, mais pas trop non plus. La bonne fenêtre est une eau moyennement minéralisée :

  • Trop pure (osmosée, distillée, très faiblement minéralisée) → les grains manquent de minéraux, se reproduisent mal et finissent par stagner.
  • Trop dure (les eaux les plus calcaires, type Contrex ou Hépar) → l’excès de minéraux les stresse dans l’autre sens, et la boisson peut devenir filante.
  • La bonne cible → une eau du robinet de dureté moyenne, simplement déchlorée, ou une eau de source moyennement minéralisée.

Le point non négociable : pas de chlore. Contrairement à une lactofermentation de légumes — où le chlore est neutralisé en quelques minutes par la masse de légumes —, ici vous entretenez une culture vivante sur des mois. L’effet est cumulatif : ce qui n’épuise pas les grains en une fois peut les affaiblir fournée après fournée. Laissez reposer l’eau du robinet une heure au réfrigérateur (couverte) pour le chlore libre, et méfiez-vous de la chloramine, qui, elle, ne s’évapore pas — il faut alors un filtre à charbon actif.

👉 Pourquoi le chlore compte pour vos ferments (et pas là où on croit)

Concrètement, selon ce que vous avez sous la main :

  • Une carafe filtrante ou une fontaine à gravitation → parfait : elles retirent le chlore sans déminéraliser (pas de résine échangeuse d’ions dans un filtre par gravité), donc vos grains gardent leurs minéraux.
  • De l’eau du robinet de dureté moyenne, laissée reposer → très bien.
  • Une eau osmosée ou distillée → à éviter seule, elle est trop pure. Si c’est tout ce que vous avez, compensez avec un sucre complet (plus riche en minéraux) — mais une eau moyennement minéralisée reste préférable et plus simple.

Comment réhydrater des grains de kéfir d’eau ?

Réhydrater les grains de kéfir

Réhydrater les grains de kéfir

Pour faciliter l’échange et l’envoi, les grains de kéfir sont souvent déshydratés : cela ne retire rien à leurs qualités et c’est un très bon moyen de les conserver dans le temps. Vous pouvez aussi les congeler, mais ma préférence va à la déshydratation.

Avec une toute petite quantité de grains déshydratés, vous obtiendrez très vite une bonne quantité de grains frais. Il suffit de lancer une préparation classique : vos grains vont se réhydrater tranquillement. Ne vous inquiétez pas si la première fournée n’est pas terrible, ils se réactiveront mieux à la suivante. Ensuite vous pourrez les conserver dans un petit bocal avec de l’eau sucrée au réfrigérateur, où ils ne tarderont pas à se reproduire.

Faut-il un bocal spécial pour faire son kéfir ?

Non, pas du tout. Un grand bocal en verre et un carré de gaze suffisent parfaitement — c’est comme ça que j’ai fait mon kéfir pendant des années.

Cela dit, il existe des bocaux conçus spécialement pour la fermentation (type kefirko), que j’utilise depuis quelque temps, et je vous en fais la démonstration dans la vidéo. L’intérêt est purement pratique : un tamis intégré pour filtrer les grains, un petit accessoire pour presser le citron, une cuillère longue, et un couvercle qui laisse passer l’air mais pas les insectes. Tous les éléments sont en verre ou en plastique et passent au lave-vaisselle.

Est-ce indispensable ? Non. Est-ce confortable si vous faites du kéfir chaque semaine ? Oui, honnêtement. À vous de voir selon votre usage — je ne vais pas vous vendre un accessoire dont vous pouvez très bien vous passer.

Le principe reste le même quel que soit le contenant : on met les grains, le sucre, les figues et l’eau dans le bocal, on mélange, on presse le citron, on ferme en laissant passer un filet d’air, et on attend que les figues remontent. C’est prêt !

Ensuite, on verse dans une bouteille qui résiste bien à la pression et on la met au réfrigérateur (ou alors on fait une 2ème fermentation). On retire les figues, on récupère les grains, on les met dans un bocal avec de l’eau sucrée au réfrigérateur en attendant la prochaine tournée.

Le mode d’emploi du bocal à kéfir

Le montage d’un bocal à kéfir à accessoires

Comment obtenir plus de bulles dans mon kéfir de fruit ?

Pour cela il faut faire une 2ème fermentation. Je lui ai consacré un article dédié, où je vous explique aussi comment aromatiser vos boissons kéfir pour en faire de vraies boissons de fête :

👉 La deuxième fermentation du kéfir (plus de bulles et comment l’aromatiser)

Le kéfir et la santé : ce qu’on peut dire honnêtement

Le kéfir de fruits est avant tout une boisson rafraîchissante, pétillante et peu sucrée une fois fermentée — une belle alternative aux sodas. C’est déjà, en soi, une bonne raison d’en boire.

Sur les bienfaits santé, je veux être honnête avec vous, comme je le suis dans mon article principal :

  • Le kéfir est un aliment fermenté vivant, qui apporte des micro-organismes issus de la fermentation. C’est ce qui fonde son usage traditionnel.
  • Mais l’essentiel des études sérieuses portent sur le kéfir de lait, pas sur le kéfir de fruits, dont la composition est différente et moins documentée.
  • Et aucune allégation de santé n’est autorisée pour le kéfir au niveau européen. Je ne vous dirai donc pas qu’il « fait baisser la tension » ou « réduit le cholestérol » : ce serait malhonnête, et faux au regard de ce qui est démontré.

On prête traditionnellement toutes sortes de vertus au kéfir, et vous les lirez partout. Je préfère m’en tenir à ce que je peux défendre : c’est une boisson vivante, agréable et peu sucrée, qui a sa place dans une alimentation variée. Pour un trouble de santé précis, parlez-en à un professionnel — le kéfir est un plaisir de fermentation, pas un médicament.

Les contre-indications du kéfir d’eau

Le kéfir contient une faible dose d’alcool, issue de la fermentation (autour de 0,5 à 2°). Ce n’est pas beaucoup, mais c’est à signaler aux femmes enceintes, aux personnes en rétablissement d’une dépendance à l’alcool et pour les jeunes enfants.

Pour les personnes qui évitent complètement le sucre : oui, le sucre est en grande partie consommé par les grains, mais il peut en rester un peu.

Si vous avez tendance aux ballonnements, allez-y doucement : un petit verre pour commencer, le temps de voir comment votre digestion réagit. Comme pour tout aliment fermenté, la tolérance varie beaucoup d’une personne à l’autre.

S’agissant d’un aliment fermenté vivant, il est également déconseillé aux personnes immunodéprimées sans avis médical. Enfin, si vous suivez un traitement, certains aliments fermentés peuvent interférer avec la prise de médicaments : en cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Le conseil de Karen

C’est incroyable que j’aie encore autant de choses à vous raconter sur le sujet du kéfir, je ne m’en lasse pas ! N’hésitez pas à partager votre propre expérience en commentaire — c’est comme ça qu’on apprend le mieux.

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