0
(0)

Mon premier caddie sans gluten, je m’en souviens encore. Pain de mie, biscuits du matin, pâtes, une pizza surgelée pour le vendredi : tout portait l’épi barré, et j’étais plutôt fière de moi. Il m’a fallu des mois pour retourner les paquets et lire vraiment les listes d’ingrédients. Amidon de maïs, sirop de glucose, émulsifiants, épaississants, arôme. Sans le savoir, j’avais remplacé une baguette à quatre ingrédients par un pain de mie à seize.

C’est le grand paradoxe du sans gluten : on retire un ingrédient pour sa santé, et l’on se retrouve avec un panier plus transformé qu’avant. Les produits sans gluten ultra-transformés remplissent aujourd’hui le rayon, et un petit essai américain publié fin septembre 2026 relance la question de leur place dans notre assiette. Il porte sur 20 personnes seulement : c’est un essai pilote, pas une preuve, et je vous explique plus bas ce qu’il dit vraiment.

Dans cet article, je vous montre comment reconnaître un ultra-transformé, pourquoi le rayon sans gluten en regorge, et ce que cachent trois étiquettes très courantes. Vous pourrez estimer votre propre part d’ultra-transformés grâce à un questionnaire. Et surtout, je vous donne l’ordre des remplacements qui changent le plus de choses pour le moins d’effort.

Produits sans gluten industriels emballés face à un pain maison au psyllium, un granola maison et des légumes frais

Sans gluten et ultra-transformés : le même rayon, deux paniers très différents

Ce que montre l’essai de San Francisco

L’étude vient de l’université de Californie à San Francisco. Elle a été publiée le 23 septembre 2026 dans la revue de psychiatrie de l’Association médicale américaine. Les chercheurs ont recruté 20 adultes de 44 ans en moyenne, à 70 % des femmes. Tous avaient un indice de masse corporelle élevé, au moins un trouble métabolique comme l’hypertension, le diabète ou un excès de mauvais cholestérol, et des symptômes dépressifs. Quatorze d’entre eux présentaient à la fois une dépression et une anxiété.

Le protocole est dit « croisé ». Chaque participant a passé quatre semaines avec son alimentation habituelle, puis quatre semaines avec une alimentation pauvre en ultra-transformés. L’ordre était inversé pour la moitié du groupe. Chacun sert ainsi de point de comparaison à lui-même. Pendant la phase sans ultra-transformés, les participants en ont réduit leur consommation de plus de 85 %.

Résultat : une amélioration modérée à forte sur trois mesures distinctes de la dépression, et une amélioration modeste de l’anxiété. Les auteurs avancent une piste pour l’expliquer : une alimentation moins transformée abîmerait moins la paroi intestinale et entretiendrait moins l’inflammation chronique. Ils qualifient eux-mêmes leurs résultats de préliminaires et annoncent un essai plus large à partir de 2028.

Vingt participants, c’est un essai pilote. Il sert à vérifier qu’une piste mérite une vraie étude, pas à conclure. Les participants savaient ce qu’ils mangeaient, la durée était courte, et d’autres choses ont pu changer en même temps que l’assiette. Réduire les ultra-transformés n’est pas un traitement de la dépression. Ne modifiez jamais un traitement ni un suivi psychologique en fonction de votre alimentation. Si vous traversez une période difficile, votre médecin traitant reste le bon premier interlocuteur.

Cet essai s’ajoute à un ensemble plus large. En 2024, une grande synthèse publiée dans le British Medical Journal a rassemblé des dizaines de méta-analyses. Elle associait une consommation élevée d’ultra-transformés à de nombreux problèmes de santé, dont les troubles anxieux et dépressifs courants. Ce sont, là encore, des associations. J’ai détaillé les autres travaux, notamment sur l’appétit et le poids, dans mon article sur les aliments ultra-transformés.

Ultra-transformé : la classification NOVA sans jargon

Le mot « ultra-transformé » vient d’une classification créée par une équipe de chercheurs brésiliens de l’université de São Paulo, menée par l’épidémiologiste Carlos Monteiro. On l’appelle NOVA. Elle ne regarde ni les calories ni les nutriments. Elle classe les aliments selon ce que l’on a fait subir aux ingrédients, et dans quel but.

Groupe Ce que c’est Exemples sans gluten
1. Bruts ou peu transformés Aliments tels qu’ils sortent de la nature, lavés, découpés, séchés, congelés ou moulus Légumes, fruits, viande, poisson, œufs, riz, sarrasin, quinoa, lentilles sèches, flocons d’avoine purs, farine de riz, légumes surgelés nature
2. Ingrédients culinaires Produits tirés du groupe 1 pour cuisiner Huile d’olive, beurre, sel, sucre, miel, vinaigre
3. Aliments transformés Aliments du groupe 1 auxquels on ajoute des ingrédients du groupe 2 : sel, sucre, huile Pois chiches en bocal au naturel, sardines à l’huile, fruits au sirop, fromage, pain d’un artisan à quatre ingrédients
4. Ultra-transformés Formulations industrielles à base de substances extraites ou modifiées, avec des additifs qui servent l’aspect, la texture ou le goût Pain de mie sans gluten, biscuits, céréales du petit-déjeuner, plats préparés, sodas, charcuteries, steaks végétaux du commerce

D’après la classification décrite par Monteiro et ses collègues en 2019.

Ce qui fait basculer un produit dans le groupe 4, ce sont deux familles d’ingrédients. D’abord, les substances que vous n’utilisez jamais en cuisine : sirop de glucose, dextrose, amidon modifié, isolat de protéines, huile hydrogénée. Ensuite, les additifs dits « cosmétiques », qui servent à l’apparence et à la texture : arômes, colorants, émulsifiants, épaississants, édulcorants.

Deux idées reçues à écarter

  • Ultra-transformé ne veut pas dire industriel. Des légumes surgelés nature, des flocons de sarrasin ou un bocal de lentilles au naturel sortent d’une usine, et ils restent dans les groupes 1 ou 3. Ce sont même de très bons alliés pour cuisiner vite.
  • Le score nutritionnel coloré des emballages ne mesure pas la transformation. Il note la composition : sucre, sel, graisses, fibres. Une céréale du petit-déjeuner peut obtenir une bonne note et rester ultra-transformée. Les deux informations se complètent.

Mon test pour le rayon tient en une phrase : si la liste contient un ingrédient que vous n’avez jamais vu dans une cuisine, vous tenez probablement un ultra-transformé. Sirop de glucose, amidon modifié, dextrose, arôme, émulsifiant : ces mots suffisent à vous renseigner.

Pourquoi le rayon sans gluten pousse vers l’ultra-transformé

Pour comprendre, il faut savoir ce que fait le gluten. Dans une pâte à pain, il forme un réseau élastique qui retient les gaz de la fermentation. C’est lui qui donne la mie souple, le moelleux et la tenue. Le retirer, c’est retirer la charpente du pain.

Pour la reconstruire à grande échelle, l’industrie assemble des briques. Des amidons et de la fécule pour le volume. De la farine de riz très raffinée pour la neutralité. Des épaississants comme la gomme de xanthane ou l’hydroxypropylméthylcellulose pour imiter l’élasticité. Des émulsifiants pour la mie. Du sucre ou du dextrose pour la couleur et le moelleux. Des matières grasses pour le fondant. Et des conservateurs, parce qu’un pain sans gluten rassit vite. Si les mots farine, fécule et amidon vous semblent interchangeables, je vous explique leurs différences. Par construction, la plupart de ces produits sont ultra-transformés.

Le marché a suivi. Un dossier de la presse spécialisée de l’industrie agroalimentaire, publié le 14 septembre 2026, donne un chiffre parlant pour le Royaume-Uni : environ 80 références sans gluten dans les quatre grandes chaînes de supermarchés il y a dix ans, environ 400 aujourd’hui. Le même dossier pointe des farines très raffinées, peu de fibres, un index glycémique élevé, et des sucres et matières grasses ajoutés pour compenser le goût et la texture. Au Canada, une analyse de plus de 17 000 produits emballés a montré que ceux qui portaient une mention sans gluten étaient en moyenne plus caloriques et plus chers.

La suite est logique. Un diagnostic de maladie cœliaque arrive, et la baguette du boulanger, qui appartient au groupe 3, cède la place au pain de mie sans gluten, qui appartient au groupe 4. Les pâtes classiques sont remplacées par des pâtes au mélange de farines et d’émulsifiant. Le panier devient plus transformé qu’avant, pas moins. C’est aussi pour cela que le sans gluten ne fait pas maigrir par magie, comme je l’explique dans mon article sur le régime sans gluten et le poids.

Une précision pour les personnes cœliaques : l’éviction stricte du gluten n’est pas négociable. La question n’est jamais de le réintroduire, mais de choisir comment on l’applique.

Trois étiquettes de produits sans gluten à la loupe

Les trois listes ci-dessous sont des compositions types, reconstituées à partir des produits les plus courants du rayon. Elles ne décrivent aucun produit précis, mais vous les reconnaîtrez sans peine. J’ai mis en gras les ingrédients qui signent l’ultra-transformé.

Infographie comparant les ingrédients d'un pain d'artisan, d'un pain maison au psyllium et d'un pain de mie sans gluten industriel

Pain sans gluten : lire l’étiquette en trente secondes

Le pain de mie sans gluten

Ingrédients : amidon de maïs, eau, farine de riz, huile de colza, fibres végétales (bambou), sirop de glucose, protéines de pois, levure, épaississants : hydroxypropylméthylcellulose, gomme de xanthane, dextrose, sel, émulsifiant : mono- et diglycérides d’acides gras, conservateur : sorbate de potassium, acidifiant : acide citrique, arôme.

Seize ingrédients, dont une dizaine que vous ne trouverez dans aucune cuisine. Le premier de la liste est un amidon, pas une farine : le pain est surtout fait d’amidon raffiné, ce qui explique sa faible teneur en fibres malgré l’ajout de fibres isolées. Le sirop de glucose et le dextrose donnent la couleur dorée, l’émulsifiant la mie régulière, le conservateur la longue durée en rayon. Pour comparer : un pain d’artisan classique, c’est farine, eau, sel et levure. Mon pain au psyllium en compte sept.

La brioche sans gluten

Ingrédients : amidon de maïs, sucre, œufs, huile de tournesol, farine de riz, sirop de glucose, graisse végétale (palme), fibres végétales, levure, épaississants : hydroxypropylméthylcellulose, gomme de guar, émulsifiants : mono- et diglycérides d’acides gras, stéaroyl-2-lactylate de sodium, dextrose, sel, arômes, conservateur : sorbate de potassium, colorant : bêta-carotène.

Ici, le sucre arrive en deuxième position, et on en compte trois formes : sucre, sirop de glucose et dextrose. Les matières grasses sont doublées, avec une graisse de palme pour le fondant. Le colorant imite la couleur que donneraient du beurre et beaucoup d’œufs. Une brioche reste une gourmandise, maison ou pas. Mais la version maison, comme ma brioche sans gluten ni lait à la machine à pain, n’a besoin d’aucun de ces artifices.

Le plat préparé sans lactose

Émincé de poulet à la crème végétale et riz. Ingrédients : riz cuit (eau, riz), eau, filet de poulet (18 %), préparation végétale (eau, huile de coco, amidon modifié, émulsifiant : lécithine de tournesol), champignons, oignons, amidon modifié de maïs, sirop de glucose, arômes, extrait de levure, sel, épaississant : gomme de xanthane, dextrose, épices, colorant : caramel ordinaire.

Le poulet ne pèse que 18 % du plat. La crème a été remplacée par une émulsion d’huile de coco et d’amidon modifié : c’est ce qui rend le plat sans lactose. L’amidon modifié revient deux fois pour épaissir la sauce, et les arômes et l’extrait de levure remplacent le goût qu’aurait apporté une vraie cuisson. Sans lactose ne veut pas dire peu transformé.

Ce que ces trois étiquettes ont en commun ? Une base d’amidons raffinés, des sucres ajoutés là où l’on ne les attend pas, et une batterie d’additifs pour imiter ce que le gluten, le beurre ou la cuisson apportaient naturellement. Et un point rassurant : ce sont exactement les trois produits les plus faciles à remplacer.

Estimez votre part d’ultra-transformés

Avant de passer aux solutions, faites le point. Ce questionnaire de treize questions estime la part de vos calories qui vient d’aliments ultra-transformés, et vous indique les trois postes qui pèsent le plus chez vous. C’est une estimation à partir de portions moyennes, pas un bilan nutritionnel. Rien n’est enregistré.

Questionnaire

Quelle part d'ultra-transformés dans votre assiette ?

Pensez à une semaine habituelle, en comptant aussi ce que vous mangez à l'extérieur. À la fin, vous obtenez une estimation de la part de vos calories qui vient d'aliments ultra-transformés, et les trois postes à remplacer en priorité.

13 questions 3 minutes Rien n'est enregistré
Question 1 sur 13
Piège du sans gluten · Pain sans gluten du commerce À quelle fréquence mangez-vous du pain sans gluten industriel ?

Pain de mie, baguette précuite, pain burger, wraps, biscottes. Une portion = 2 tranches ou une petite baguette, environ 60 g. Le pain maison et le pain d'un artisan à la liste d'ingrédients courte ne comptent pas.

Piège du sans gluten · Petit-déjeuner du commerce Céréales, biscuits ou brioches industriels le matin, à quelle fréquence ?

Céréales soufflées ou fourrées, biscuits du matin, brioches et pains au lait sans gluten emballés. Une portion = un bol de 40 à 50 g ou 4 biscuits.

Piège du sans gluten · Plats préparés Combien de plats préparés mangez-vous ?

Plats cuisinés surgelés ou frais, conserves cuisinées, pizzas, quiches et gratins tout prêts, avec ou sans mention sans gluten. Une portion = un plat individuel.

Piège du sans gluten · Pâtes et pâtes à tarte du commerce Et les pâtes, pâtes à pizza ou à tarte sans gluten du commerce ?

Pâtes sans gluten avec émulsifiant ou mélange de farines, pâtes à dérouler, gnocchis, fonds de pizza. Les pâtes faites d'un seul ingrédient (100 % riz, sarrasin ou lentilles) ne comptent pas. Une portion = une assiette.

Biscuits, gâteaux et confiseries En collation ou en dessert, à quelle fréquence mangez-vous des biscuits, gâteaux ou bonbons emballés ?

Biscuits, gâteaux emballés, barres de céréales, bonbons, chocolat fourré. Une portion = un sachet individuel ou 3 à 4 biscuits.

Boissons sucrées ou aromatisées Sodas, sirops, thés glacés ou boissons aromatisées, à quelle fréquence ?

Y compris les boissons végétales aromatisées. Les versions « zéro » sont aussi ultra-transformées, mais elles pèsent peu dans les calories. Une portion = un verre ou une canette.

Desserts et yaourts aromatisés Yaourts aux fruits, crèmes dessert ou glaces, à quelle fréquence ?

Yaourts aromatisés ou aux fruits, y compris végétaux et sans lactose, crèmes dessert, mousses, glaces. Une portion = un pot.

Charcuteries et panés Jambon, saucisses, nuggets ou poissons panés, à quelle fréquence ?

Jambon cuit et charcuteries industrielles, saucisses, viandes ou poissons panés, nuggets, surimi. Une portion = 2 tranches ou une pièce.

Chips et biscuits apéritifs Chips, crackers ou biscuits salés, à quelle fréquence ?

Chips, crackers, biscuits apéritifs, galettes soufflées aromatisées. Une portion = un petit bol, environ 30 g.

Sauces et bouillons du commerce Mayonnaise, ketchup, vinaigrette toute prête ou bouillon cube, à quelle fréquence ?

Sauces en flacon ou en pot, bouillons en cube ou en poudre, préparations pour sauces. Une portion = une cuillère à soupe ou un cube.

Substituts végétaux du commerce Steaks végétaux, fromages ou crèmes végétales du commerce, combien de fois ?

Steaks, saucisses et émincés végétaux, fromages, crèmes et desserts végétaux industriels. Une portion = une pièce, ou 30 g de fromage.

Restauration rapide et livraison Combien de repas en restauration rapide ou livrés ?

Burgers, pizzas, kebabs, plats livrés, sandwichs emballés. Les restaurants qui cuisinent sur place ne comptent pas ici.

Pour affiner le calcul Vos portions sont plutôt…

Le résultat se calcule en part de vos calories. Cette dernière réponse sert à estimer vos besoins.

Estimation à partir de portions et de calories moyennes, inspirée de la classification NOVA des aliments selon leur degré de transformation. Ce n'est ni un bilan nutritionnel ni un outil médical. Pour toute situation particulière, parlez-en à votre médecin ou à un diététicien.

Pour vous situer : chez les adultes français, environ 31 % des calories viennent d’ultra-transformés, selon une étude menée sur un échantillon représentatif. Si votre résultat est au-dessus, pas de panique. C’est fréquent quand on mange sans gluten, et la suite de l’article est faite pour vous.

Les remplacements qui changent le plus pour le moins d’effort

La règle est simple : commencez par ce que vous mangez tous les jours. Un pain de mie consommé deux fois par jour pèse bien plus lourd sur la semaine qu’un paquet de chips le samedi. Dans une cuisine sans gluten, trois postes concentrent presque toujours l’essentiel : le pain, le petit-déjeuner et les plats préparés.

Escalier des remplacements pour réduire les ultra-transformés en sans gluten : pain, petit-déjeuner, plats préparés, collations, boissons

Sortir des ultra-transformés sans gluten : par où commencer

Ordre Poste Pourquoi il pèse Remplacement Effort
1 Pain Une à trois fois par jour Pain maison au psyllium, pain d’artisan à liste courte, galettes de sarrasin Deux fournées par semaine, à congeler
2 Petit-déjeuner Tous les matins Porridge, granola maison, pain maison et purée d’oléagineux Vingt minutes le dimanche
3 Plats préparés Gros volume par portion Cuisine d’avance et assemblages express Une heure le dimanche
4 Biscuits et collations Plusieurs fois par semaine Fruits, oléagineux, biscuits ou crackers maison Faible
5 Boissons sucrées Souvent sans y penser Eau, infusions froides, kéfir de fruits Faible
6 Sauces et bouillons Petites quantités, très souvent Vinaigrette et bouillon maison Faible
7 Desserts aromatisés Un pot par jour, vite Yaourt nature et fruit Très faible

Le pain, le poste numéro un

C’est le changement qui m’a le plus coûté au début, et celui qui m’a le plus rapporté. Un pain maison sans gluten demande surtout de l’organisation : une heure de travail effectif par semaine, temps de levée compris, pour deux pains que je tranche et congèle. Le matin, les tranches passent directement du congélateur au grille-pain.

  • Pour comprendre avant de vous lancer, mon guide pour réussir son pain sans gluten explique le rôle de chaque farine, de l’hydratation et de la cuisson.
  • Pour une première fournée, le pain au psyllium donne une mie souple et une croûte dorée. Le psyllium est l’enveloppe d’une graine, riche en fibres : il remplace l’élasticité du gluten sans le moindre additif.
  • Pour les sandwichs et les repas rapides, mon pain pita au psyllium se cuit à la poêle en quelques minutes.
  • Pour varier, mes recettes de pains sans gluten réunissent mes versions préférées, du sarrasin au pois chiche. Et si vous avez une machine à pain, elle fait le travail à votre place avec mes pains à la machine.

Pas le temps de faire votre pain ? Deux solutions intermédiaires. Demandez la liste des ingrédients à un artisan qui fait du sans gluten : certains travaillent avec des farines complètes et une liste courte. Ou passez aux galettes et aux blinis au sarrasin, prêts en dix minutes. Pour composer vos mélanges, mon calculateur de farines sans gluten donne les pesées exactes.

Le petit-déjeuner, le poste numéro deux

Céréales soufflées, biscuits du matin, brioches emballées : c’est souvent là que se concentrent les sucres ajoutés de la journée. Le petit-déjeuner revient tous les jours, donc le moindre changement compte sept fois par semaine.

  • Le porridge : 40 g de flocons de sarrasin ou d’avoine certifiée sans gluten, une boisson végétale nature, un fruit. Mon porridge d’automne est prêt en cinq minutes.
  • Le granola maison : vingt minutes le dimanche pour un bocal qui tient la semaine. Ma version granola maison sans gluten est peu sucrée et très croustillante.
  • Le bircher, préparé la veille : mon bircher poire et noisette attend dans le réfrigérateur.
  • Le pain maison, toasté, avec une purée d’amande ou de noisette et un fruit.

Pour choisir vos flocons et vos grains, j’ai passé en revue les céréales sans gluten pour le petit-déjeuner, et j’explique dans un autre article pourquoi privilégier les céréales complètes sans gluten.

Les plats préparés, le poste numéro trois

Un plat préparé pèse lourd : c’est un repas entier d’un coup. Le remplacer ne demande pas de cuisiner tous les soirs. Il suffit d’avoir des éléments prêts à assembler. Mon dimanche ressemble à ceci : une casserole de légumineuses, une céréale complète, une viande ou un poisson au four. Avec des légumes surgelés nature, qui ne sont pas ultra-transformés, le dîner de la semaine se monte en dix minutes.

Si vous manquez d’idées, mes idées de repas sans gluten pour une semaine d’octobre sont construites sur ce principe. Et gardez en tête que les bocaux de légumineuses au naturel, rincés, sont des aliments transformés, pas ultra-transformés : ils dépannent sans faire monter votre part.

Ensuite, le reste vient presque seul

La proportion compte plus que la pureté

Je vais être directe : je n’ai pas zéro ultra-transformé dans mes placards. Il y a un paquet de pâtes sans gluten pour les soirs de rentrée tardive, et parfois une pizza surgelée quand la semaine a été trop longue. Un produit tout prêt reste parfois la solution pratique d’un soir, et il n’y a aucune raison de culpabiliser.

Ce qui compte, c’est la proportion sur la semaine. Il n’existe pas de seuil officiel. En 2017, le Haut Conseil de la santé publique a proposé de réduire de 20 % la consommation d’ultra-transformés en France. Passer sous la moyenne française, autour de 31 % des calories, est déjà un très bon cap.

Ma méthode : un seul changement par semaine, pas plus.

  1. Semaine 1 : le pain. Une fournée maison, tranchée et congelée.
  2. Semaine 2 : le petit-déjeuner. Un bocal de granola ou des flocons pour le porridge.
  3. Semaine 3 : les plats préparés. Une heure de cuisine le dimanche.
  4. Semaine 4 : les collations et les boissons.

Refaites le questionnaire au bout d’un mois. La différence est souvent spectaculaire, parce que les trois premiers postes pèsent à eux seuls la majorité de la part d’ultra-transformés.

Un dernier rappel pour les personnes cœliaques : la sécurité passe avant tout. Un produit certifié sans gluten vaut toujours mieux qu’une préparation maison faite dans une cuisine où le risque de contamination n’est pas maîtrisé. Mon article sur la contamination croisée au gluten vous aide à sécuriser votre cuisine, et ma liste des aliments naturellement sans gluten vous rappelle tout ce qui ne demande aucune transformation.

Questions fréquentes sur les produits sans gluten ultra-transformés

Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé ?

C’est un produit industriel fabriqué à partir de substances extraites ou modifiées, comme les amidons, le sirop de glucose ou les isolats de protéines, et d’additifs qui servent l’aspect, la texture ou le goût : arômes, émulsifiants, épaississants, colorants, édulcorants. La définition vient de la classification NOVA, qui range les aliments en quatre groupes selon leur degré de transformation. Les ultra-transformés forment le quatrième groupe. On les reconnaît à leur liste d’ingrédients, qui contient des produits qu’on n’utilise jamais en cuisine.

Les produits sans gluten sont-ils tous ultra-transformés ?

Non. Le riz, le sarrasin, le quinoa, le millet, les flocons purs, les farines simples, les pâtes faites d’un seul ingrédient et les légumineuses sont sans gluten et peu transformés. Ce sont surtout les produits qui imitent un aliment au blé qui basculent dans l’ultra-transformé : pain de mie, brioches, biscuits, gâteaux, pâtes à tarte et plats préparés. Pour remplacer le gluten, ils ont besoin d’amidons raffinés, d’épaississants, d’émulsifiants et souvent de sucres ajoutés.

Le pain sans gluten du commerce est-il mauvais pour la santé ?

Ce n’est pas un poison, et il dépanne. Mais il est le plus souvent ultra-transformé, pauvre en fibres et fait d’une base d’amidon raffiné. Le problème vient de sa fréquence : consommé une à trois fois par jour, il devient le premier poste d’ultra-transformés de la semaine. Le remplacer par un pain maison, au psyllium par exemple, ou par le pain d’un artisan à la liste courte, est le changement qui fait le plus de différence.

Manger moins d’ultra-transformés soigne-t-il la dépression ?

Non, rien ne permet de l’affirmer. L’essai publié en septembre 2026 par l’université de Californie à San Francisco portait sur 20 participants seulement : c’est un essai pilote, dont les auteurs qualifient eux-mêmes les résultats de préliminaires. Une alimentation moins transformée peut faire partie d’une hygiène de vie favorable, mais elle ne remplace aucun traitement. Ne modifiez jamais un traitement ni un suivi psychologique en fonction de votre alimentation, et parlez-en à votre médecin.

Comment reconnaître un ultra-transformé sur une étiquette ?

Lisez la liste des ingrédients, pas l’avant du paquet. Si vous y trouvez un ingrédient que vous n’avez jamais vu dans une cuisine, c’est très probablement un ultra-transformé. Les mots qui reviennent le plus sont sirop de glucose, dextrose, amidon modifié, isolat ou protéines de pois, arôme, émulsifiant, épaississant, colorant et édulcorant. Une liste longue n’est pas un critère à elle seule, mais elle va souvent de pair.

La gomme de xanthane rend-elle mon pain maison ultra-transformé ?

Pas au sens où l’entend la classification. Un pain fait chez vous avec des farines, de l’eau, de la levure, du sel et une pincée de gomme reste très loin d’une formulation industrielle à base d’amidons, de sirop et d’émulsifiants. Si vous préférez vous en passer, le psyllium joue le même rôle de liant : c’est l’enveloppe d’une graine, riche en fibres, et il donne une très belle mie.

Les légumes surgelés et les conserves sont-ils ultra-transformés ?

Non, tant qu’ils sont nature. Des légumes surgelés sans sauce restent dans le premier groupe, celui des aliments bruts ou peu transformés. Des pois chiches en bocal au naturel ou des sardines à l’huile appartiennent au troisième groupe, celui des aliments transformés. Ils deviennent ultra-transformés quand on y ajoute une sauce industrielle, des arômes ou des épaississants : lisez la liste pour vérifier.

Le score nutritionnel coloré des emballages suffit-il pour éviter les ultra-transformés ?

Non, parce qu’il ne mesure pas la même chose. Ce score évalue la composition : sucres, sel, graisses saturées, fibres, protéines. La classification NOVA évalue la transformation. Un produit peut donc obtenir une bonne note tout en étant ultra-transformé, par exemple certaines céréales du petit-déjeuner. Utilisez les deux informations ensemble.

Quelle part d’ultra-transformés viser ?

Il n’existe pas de seuil officiel. En France, environ 31 % des calories des adultes viennent d’ultra-transformés, et le Haut Conseil de la santé publique a proposé en 2017 de réduire cette consommation de 20 %. Passer sous la moyenne française est déjà un bon objectif. L’enjeu est la proportion sur la semaine, pas la perfection : un plat tout prêt de temps en temps ne change rien à l’ensemble.



Le sans gluten n’est pas le problème. Le rayon qui l’accompagne, si. Il a été construit pour imiter le blé, et l’imitation passe presque toujours par l’ultra-transformation. La bonne nouvelle, c’est que trois postes suffisent à inverser la tendance : le pain, le petit-déjeuner et les plats préparés. Commencez par le premier, gardez vos dépannages sans culpabilité, et refaites le questionnaire dans un mois.

Quant à l’essai de San Francisco, il ouvre une piste intéressante sur le lien entre l’assiette et le moral, sans rien démontrer encore. Je vous en reparlerai quand l’essai plus large, attendu à partir de 2028, livrera ses résultats.

Dites-moi en commentaire quel résultat vous avez obtenu au questionnaire, et quel poste vous comptez attaquer en premier. Pour recevoir mes prochains articles, inscrivez-vous à ma newsletter : en cadeau, je vous offre mon livret de 7 jours de menus sans gluten ni produits laitiers, cuisinés à partir de produits bruts.

Sources

Cette recette vous plaît ? Un petit clic sur les étoiles m'aide énormément ! ⭐

Choisissez votre note en cliquant directement sur l'étoile correspondante.

Note moyenne 0 / 5. Nombre de votes : 0

Aucun vote pour l'instant ! Soyez le premier à noter cette recette.

Je suis désolée que cette recette ne vous ait pas été utile !

Améliorons cette recette !

Dites-moi comment améliorer cette recette ?

Cette recette vous a plu ?

L'ebook 7 jours de menus sans gluten ni produits
laitiers — Édition automne offert
: 39 recettes complètes

Cadeau de bienvenue
7 jours de menus
sans gluten ni produits laitiers
 Édition automne 

Une semaine entière déjà pensée pour vous — du petit-déjeuner au dessert, avec des recettes testées dans ma cuisine.

✓  39 fiches recettes complètes, du petit-déj au dessert
✓  La grille de la semaine à coller sur le frigo
✓  Liste de courses + astuces batch cooking

Rejoignez 20 000 abonnés gourmands · zéro spam, désinscription en 1 clic

Cette recette vous a plu ? Retrouvons-nous sur Instagram !

J'y partage mes recettes, les coulisses de mes tests et mes trouvailles sans gluten du moment.

Suivre @karenchevallier Vous l'avez cuisinée ? Identifiez-moi avec @karenchevallier et #cuisinesaine : je repartage mes assiettes préférées.