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Le lait de chèvre donne des yaourts liquides, et ce n’est pas une question de savoir-faire. Sa caséine forme un caillé bien plus fragile que celle du lait de vache : les micelles sont plus petites, le réseau qu’elles construisent en fermentant est plus lâche, et il s’effondre au moindre mouvement. Aucune yaourtière ne corrige cela, aucune durée non plus. La solution tient en deux grammes d’agar-agar par litre, soit la moitié de la dose habituelle, juste de quoi consolider le réseau sans transformer le yaourt en flan. Ces yaourts au lait de chèvre sont sans gluten et se préparent en dix minutes de travail. Un point mérite d’être dit d’emblée, parce qu’il explique presque tous les échecs : l’agar-agar doit bouillir franchement une minute entière pour gélifier. Simplement chauffé, il ne fait rien du tout, et le yaourt reste aussi liquide que sans. Je détaille aussi comment éviter la couche translucide qui se forme parfois en surface, un problème que beaucoup rencontrent sans en connaître la cause. Pour choisir votre appareil, mon comparatif des yaourtières passe en revue les modèles à pots en verre.

Pourquoi cette recette fonctionne

  • L’agar-agar compense la caséine du lait de chèvre : son réseau gélifié vient soutenir un caillé naturellement fragile. Deux grammes par litre suffisent, soit la moitié de la dose classique : au-delà, la texture devient caoutchouteuse.
  • L’ébullition d’une minute active le gélifiant : l’agar-agar ne se dissout qu’au-delà de 90 °C. Chauffé sans bouillir, il reste en suspension sous forme de grumeaux translucides et ne gélifie pas.
  • Le lait froid ajouté après refroidit d’un coup : faire bouillir seulement la moitié du lait puis ajouter le reste froid fait tomber la température à 45 °C instantanément, sans attendre une demi-heure.
  • Le mélange sans fouetter évite les bulles : l’agar-agar fige vers 40 °C, trop vite pour que l’air incorporé remonte. Les bulles restent alors emprisonnées dans le gel.

Les cinq ratés courants et leurs causes

Ces yaourts se ratent toujours de la même façon, et chaque défaut a une cause précise. Voici de quoi diagnostiquer votre fournée.

Ce que vous obtenez La cause La correction
Yaourt liquide Agar-agar pas assez chauffé Ébullition franche 1 min, à gros bouillons
Couche translucide en surface L’agar-agar a gélifié avant la fermentation Verser dans les pots sous 45 °C sans attendre
Bulles transparentes à l’intérieur Air incorporé au fouet Mélanger à la cuillère, tapoter les pots
Yaourt acide Fermentation trop longue Descendre à 8 h, voire 7 h
Texture caoutchouteuse Trop d’agar-agar Rester à 2 g par litre, jamais 4 g

La couche translucide mérite une explication, parce qu’elle déroute beaucoup de monde. L’agar-agar commence à figer dès 40 °C, bien avant que la fermentation ne démarre. Si le mélange refroidit trop longtemps avant d’être versé, ou si le remplissage des pots s’éternise, le gel se forme dans le récipient puis se sépare du lait : vous obtenez une gelée claire en haut et un yaourt en bas. La parade est simple, versez dès que la température descend sous 45 °C et remplissez tous les pots d’affilée. Un autre point revient souvent : 2 g par litre est une demi-dose volontaire. La dose classique de 4 g donnerait un flan ferme, pas un yaourt.

Recette de yaourts au lait de chèvre à la yaourtière

  • Recette sans gluten
  • Recette végétarienne

Yaourts au lait de chèvre fermes à la yaourtière

Yaourts au lait de chèvre fermes à la yaourtière

Dessert

Pour 8 pots de 125 ml
Temps de préparation :
Temps de fermentation :
Repos au froid : 4 h minimum, une nuit de préférence
Temps total :

Ingrédients

  • 1 litre de lait de chèvre, entier de préférence
  • 2 g d’agar-agar, soit 1 cuillère à café rase
  • 1 yaourt de chèvre nature, ou 1 sachet de ferments lactiques
  • 3 cuillères à soupe de sucre de canne roux (facultatif)

Un lait cru se fait bouillir en totalité, et non seulement à moitié comme dans la méthode rapide ci-dessous : c’est la seule façon d’éliminer les micro-organismes qui concurrenceraient les ferments. Avec un lait pasteurisé ou UHT du commerce, la question ne se pose pas. Plus le lait est entier, plus le yaourt sera ferme et onctueux ; un demi-écrémé fonctionne mais donne un résultat plus léger.

  1. Sortez le yaourt du réfrigérateur
    Laissez-le tempérer une vingtaine de minutes pendant que vous préparez le reste. Un ferment glacé versé dans un lait tiède subit un choc thermique qui ralentit son démarrage, et la fermentation s’en trouve moins régulière.
  2. Faites bouillir la moitié du lait avec l’agar-agar
    Versez 50 cl de lait dans une casserole, saupoudrez l’agar-agar en pluie et ajoutez le sucre si vous en utilisez. Portez à ébullition en remuant, puis maintenez les gros bouillons pendant une minute entière, montre en main. C’est l’étape qui décide de tout : l’agar-agar ne se dissout qu’au-delà de 90 °C, et un simple frémissement ne suffit pas.
  3. Ajoutez le reste du lait froid
    Hors du feu, versez les 50 cl restants, froids, dans la casserole. La température tombe immédiatement autour de 45 °C, ce qui vous évite une demi-heure d’attente. Vérifiez au thermomètre si vous en avez un, ou au doigt : le lait doit être tiède, jamais chaud.
  4. Incorporez le ferment sans fouetter
    Délayez le yaourt dans une louche de lait tiède, puis reversez dans la casserole. Mélangez à la cuillère, en gardant le fond du récipient, sans jamais soulever ni battre. Le fouet incorpore de l’air, et l’agar-agar fige trop vite pour que les bulles aient le temps de remonter.
  5. Remplissez les pots sans traîner
    Versez aussitôt dans les pots de la yaourtière, tous d’affilée. Chaque minute d’attente rapproche le mélange du seuil de gélification, à 40 °C, et c’est ce qui provoque la couche translucide en surface. Tapotez ensuite fermement chaque pot sur le plan de travail cinq ou six fois pour chasser les bulles restantes.
  6. Lancez la yaourtière pour 8 heures
    Comptez 8 heures pour un yaourt doux, jusqu’à 10 heures si vous aimez l’acidité franche. Ne dépassez pas 12 heures : au-delà, les bactéries continuent de produire de l’acide lactique et le yaourt devient franchement piquant. Ne déplacez pas l’appareil pendant la fermentation, le caillé de chèvre étant particulièrement fragile.
  7. Refroidissez au moins 4 heures
    Fermez les pots et placez-les au réfrigérateur. C’est au froid que la texture se fixe définitivement, l’agar-agar achevant sa prise et le caillé se raffermissant. Un yaourt jugé trop liquide à la sortie de la yaourtière est souvent parfait le lendemain matin : attendez avant de conclure.

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Le matériel pour cette recette

Avant de choisir, jetez un œil à mon comparatif indépendant : il fait le tri pour vous.

Quelle yaourtière choisir pour réussir vos yaourts maison ?
Comparatif

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Mon comparatif pour bien choisir votre yaourtière : capacités, modes express, fermentation et conseils simples pour obtenir des yaourts fermes et onctueux à coup sûr.

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Le conseil de Karen

L’astuce des deux moitiés de lait vient de mes lectrices, et je l’ai adoptée depuis longtemps tant elle simplifie tout. Faire bouillir la totalité du litre oblige à attendre une bonne demi-heure que la température redescende à 45 °C, avec le risque de la laisser filer trop bas et de déclencher la gélification avant la mise en pots. En ne chauffant que la moitié, l’ajout du lait froid ramène instantanément le mélange à bonne température. C’est plus rapide, plus économe en énergie, et bien plus sûr. Une réserve tout de même : avec un lait cru de ferme, faites bouillir la totalité, la sécurité passant avant le confort. Côté conservation, ces yaourts au lait de chèvre se gardent une semaine au réfrigérateur, pots fermés. Un point à connaître enfin : l’agar-agar est extrait d’algues rouges et contient donc de l’iode. Les personnes suivant un traitement thyroïdien ou présentant une allergie à l’iode ont intérêt à demander l’avis de leur médecin avant d’en consommer régulièrement.

Valeurs nutritionnelles indicatives pour 100 g de yaourt

Par 100 g

Énergie ~83 kcal
Glucides ~8,1 g
Dont sucres ~8,1 g
Protéines ~3,4 g
Lipides ~3,8 g
Dont saturés ~2,5 g
Fibres ~0 g
Sodium ~0,05 g

Soit environ 104 kcal par pot de 125 ml. Avec 120 mg de calcium et 3,4 g de protéines pour 100 g, ces yaourts sont source de calcium et source de protéines au sens réglementaire. Sans le sucre, comptez 69 kcal pour 100 g et 4,5 g de sucres, ceux du lactose uniquement : c’est l’ajustement le plus simple si vous surveillez vos apports. Les valeurs sont données pour un lait de chèvre entier ; un demi-écrémé descend autour de 60 kcal.

Pourquoi le lait de chèvre donne des yaourts liquides

C’est la question qui amène la plupart des gens sur cette page, et la réponse tient à la structure même du lait.

Un yaourt se forme quand les bactéries acidifient le lait : les caséines, qui flottaient en suspension sous forme de micelles, coagulent et emprisonnent le liquide dans un réseau. Ce réseau est la texture du yaourt. Plus il est dense, plus le yaourt est ferme.

Or le lait de chèvre diffère du lait de vache sur trois points qui comptent tous. Ses micelles de caséine sont plus petites et moins minéralisées, ce qui donne un maillage plus lâche. Il contient nettement moins d’alpha-s1-caséine, précisément la protéine qui structure le mieux le caillé. Et ses globules gras, plus fins, participent moins à la tenue de l’ensemble.

Le résultat est un caillé mou, qui se rompt au moindre mouvement et laisse échapper son petit-lait. Ce n’est pas un défaut de fabrication, c’est exactement la même raison qui rend les fromages de chèvre frais si différents des fromages de vache.

D’où l’agar-agar, qui construit un second réseau, gélifié celui-là, venant soutenir le premier. Deux grammes par litre suffisent largement : on cherche à consolider un yaourt, pas à fabriquer un flan. La dose classique de quatre grammes donnerait une texture franchement caoutchouteuse.

Astuces et variantes pour les yaourts au lait de chèvre

Mes idées pour personnaliser ces yaourts maison

  • Sans agar-agar : ajoutez 30 g de lait en poudre au litre, ce qui enrichit le lait en protéines et densifie le caillé. Le résultat est moins ferme qu’avec l’agar-agar mais la texture reste franchement correcte.
  • Au lait de brebis : même méthode, mêmes proportions. Le lait de brebis est naturellement plus riche en matière sèche et donne des yaourts plus fermes, parfois même sans agar-agar.
  • Parfumer : vanille en poudre, gousse infusée dans le lait chaud, zeste de citron ou fleur d’oranger, ajoutés au moment de l’ébullition. Pour les fruits, déposez une cuillerée de compote au fond des pots avant de verser.
  • Réutiliser un yaourt de la fournée : possible trois ou quatre fois de suite, après quoi les ferments s’épuisent et le yaourt devient plus liquide et plus acide. Repartez alors d’un pot neuf ou d’un sachet de ferments.
  • Sans yaourtière : au four à 40 °C pendant 4 heures, puis four éteint et porte fermée toute la nuit. Le résultat est un peu moins régulier mais tout à fait satisfaisant.
  • Les yaourts à boire : si vous préférez cette texture, supprimez simplement l’agar-agar et mixez le yaourt avec des fruits. Mes yaourts au soja suivent d’ailleurs le même principe.

Questions fréquentes – yaourts au lait de chèvre

Pourquoi mes yaourts au lait de chèvre restent-ils liquides ?

Dans la quasi-totalité des cas, l’agar-agar n’a pas assez chauffé. Il ne se dissout qu’au-delà de quatre-vingt-dix degrés et doit bouillir franchement pendant une minute entière : un simple frémissement, ou un délayage à froid, le laisse en suspension sans aucun pouvoir gélifiant. Vérifiez aussi la date de votre agar-agar, qui perd de son efficacité avec le temps. Enfin, ne jugez pas la texture à la sortie de la yaourtière : c’est au réfrigérateur que la prise s’achève, et quatre heures de froid changent complètement l’aspect.

Pourquoi une couche transparente se forme-t-elle sur mes yaourts ?

Parce que l’agar-agar a gélifié avant la fermentation. Il commence à figer dès quarante degrés, bien avant que les ferments ne travaillent : si le mélange refroidit trop longtemps dans la casserole ou si le remplissage des pots s’éternise, le gel se forme puis se sépare du lait, et vous obtenez une gelée claire au-dessus d’un yaourt en dessous. La parade tient en deux gestes : versez dès que la température passe sous quarante-cinq degrés, et remplissez tous les pots d’affilée sans interruption.

D’où viennent les bulles transparentes dans mes yaourts ?

Du fouet. Battre le mélange incorpore de l’air, et l’agar-agar fige trop rapidement pour que les bulles aient le temps de remonter à la surface : elles restent emprisonnées dans le gel. Mélangez à la cuillère ou au fouet posé au fond du récipient, sans jamais soulever, juste de quoi homogénéiser. Après avoir rempli les pots, tapotez-les fermement sur le plan de travail cinq ou six fois : les bulles restantes remontent alors avant que la prise ne démarre.

Mes yaourts sont trop acides, que faire ?

Raccourcissez la fermentation. Les bactéries lactiques continuent de produire de l’acide tant que la yaourtière chauffe, et huit heures suffisent largement pour un yaourt doux. Descendez à sept heures si le résultat reste trop vif, et ne dépassez jamais douze heures. Deux autres facteurs jouent : un ferment issu de plusieurs fournées successives acidifie plus vite, il vaut donc mieux repartir d’un yaourt neuf tous les trois ou quatre cycles, et certains laits crus sont naturellement plus acides au départ.

Combien d’agar-agar faut-il pour un litre de lait ?

Deux grammes, soit une cuillère à café rase, et pas davantage. C’est volontairement la moitié de la dose habituelle : on cherche à consolider un caillé fragile, pas à fabriquer un flan. Avec quatre grammes, la texture devient franchement caoutchouteuse et le yaourt se découpe au couteau. Si votre yaourtière contient six pots au lieu de huit, comptez soixante-cinq centilitres de lait et un gramme et demi d’agar-agar, en gardant la même proportion.

Faut-il faire bouillir le lait ?

Oui, mais pour une raison précise : c’est l’agar-agar qui l’exige, pas le lait. Avec un lait pasteurisé ou UHT du commerce, vous pouvez ne faire bouillir que la moitié du litre avec l’agar-agar, puis ajouter le reste froid, ce qui ramène instantanément le mélange à quarante-cinq degrés et vous évite une demi-heure d’attente. Avec un lait cru de ferme, en revanche, faites bouillir la totalité : cette étape élimine les micro-organismes qui concurrenceraient les ferments et peuvent poser un problème sanitaire.

Peut-on utiliser des ferments lactiques à la place du yaourt ?

Tout à fait, et cela donne même un résultat plus régulier. Un sachet de ferments lyophilisés remplace le yaourt de départ, en suivant le dosage indiqué par le fabricant, généralement un sachet par litre. L’avantage est la constance : un yaourt du commerce contient des souches variables selon les marques, alors qu’un sachet de ferments est standardisé. Vous pouvez également utiliser un yaourt de vache ou de brebis comme ferment dans du lait de chèvre, cela fonctionne parfaitement.

Combien de temps se conservent ces yaourts ?

Une semaine au réfrigérateur, pots fermés, en les gardant dans la partie la plus froide. Ils continuent de s’acidifier légèrement au fil des jours, ce qui est normal. Un peu de petit-lait qui remonte en surface n’est pas non plus un signe d’altération : remuez simplement avant de déguster. En revanche, une odeur franchement désagréable, une moisissure ou un gonflement du pot imposent de jeter. Gardez un pot de côté si vous comptez ensemencer la fournée suivante.



Dix minutes de travail, une nuit d’attente, et huit pots d’un yaourt que le commerce propose rarement en version nature et non sucrée. C’est devenu mon réflexe du dimanche soir depuis que j’ai compris d’où venait le problème de texture. Retenez les trois gestes qui décident de tout : la minute d’ébullition franche, le lait froid ajouté ensuite, et le mélange à la cuillère sans jamais fouetter. Le premier active l’agar-agar, le deuxième vous évite d’attendre, le troisième supprime les bulles. Si votre première fournée déçoit, reprenez le tableau des ratés plus haut : chaque défaut a une cause unique et facile à corriger. Et surtout, ne jugez jamais la texture à la sortie de la yaourtière, c’est au froid que tout se joue. Pour choisir votre appareil, mon comparatif des yaourtières détaille les modèles à pots en verre, et si vous voulez explorer d’autres gélifiants végétaux, ma page sur l’agar-agar explique ses dosages selon les préparations. Dites-moi en commentaire quelle durée de fermentation vous convient : l’écart de goût entre huit et douze heures est considérable.

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