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La betterave est le légume idéal pour débuter en lactofermentation. Elle est riche en sucres, ce qui donne aux bactéries lactiques de quoi travailler dès le premier jour, et sa chair dense reste ferme là où d’autres légumes ramollissent. C’est la fermentation qui rate le moins souvent, et le cumin s’y marie parfaitement.
Pour varier les plaisirs entre conserves classiques et gelées de fruits, la lactofermentation apporte un troisième registre : ni cuisson, ni énergie, et un goût acidulé que rien d’autre ne donne. La méthode fonctionne avec presque tous les légumes. Ma préférence va aux racines — betterave, carotte, navet, radis — et aux choux, mais les haricots, les cornichons et les courgettes fonctionnent aussi.
Si vous débutez, lisez d’abord mon article ou regardez ma vidéo sur la lactofermentation : vous y trouverez les bases. Deux règles valent pour toutes les recettes du blog — l’eau doit être non chlorée et le sel non traité, sans iode ni antiagglomérant. Sur le premier point, j’ai détaillé les moyens de savoir ce que contient votre eau dans chlore et lactofermentation.
Betteraves lactofermentées au cumin
- Recette sans gluten
- Recette sans lactose
- Recette vegan
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Recette de betteraves lactofermentées au cumin
Légume lactofermenté
1 bocal de 1 litre (environ 600 g de betteraves)
Temps de préparation :
Fermentation : 1 à 2 semaines à température ambiante
Ingrédients
- 600 g de betteraves crues (environ 1 botte)
- 500 ml d’eau minéralisée sans chlore
- 22 g de sel non traité, sans iode ni antiagglomérant
- 1 c. à soupe de graines de cumin
Le sel se calcule sur le poids total — légumes et eau réunis — et non sur l’eau seule. Ici, 22 g pour 1,1 kg de contenu donnent 2 %, la concentration de référence. Si vous adaptez les quantités : (poids des betteraves + poids de l’eau) × 0,02.
- Faites dissoudre le sel dans un peu d’eau tiède, puis complétez avec le reste d’eau froide. La saumure doit être froide au moment de la verser : versée chaude, elle tuerait les bactéries lactiques.
- Lavez le bocal à l’eau très chaude et laissez-le sécher. Inutile de l’ébouillanter : le sel et l’acidité feront le travail, et l’on ne cherche pas ici un milieu stérile.
- Lavez et brossez les betteraves, puis épluchez-les. Je les épluche pour éviter le goût terreux que la peau donne en fermentation. Coupez-les en cubes réguliers de 1,5 à 2 cm. Prévoyez une planche que vous ne craignez pas de tacher, et rincez-la aussitôt à l’eau froide.
- Déposez les cubes dans le bocal en ajoutant une pincée de graines de cumin au fur et à mesure, en laissant 3 à 4 cm de vide sous le bord : la betterave est riche en sucres, elle fermente vigoureusement et la saumure monte beaucoup.
- Recouvrez de saumure froide de façon à immerger complètement les cubes. Posez un poids de fermentation pour maintenir les morceaux sous la surface : tout ce qui affleure moisit.
- Fermez le bocal et posez-le dans une assiette : la saumure de betterave déborde souvent les premiers jours, et elle tache durablement un plan de travail. Un bocal à joint caoutchouc se purge tout seul ; avec un couvercle vissé, entrouvrez-le une fois par jour la première semaine.
- Laissez fermenter entre 18 et 22 °C, à l’abri du soleil. Des bulles apparaissent au bout de deux ou trois jours et la saumure prend une couleur rubis intense : c’est exactement ce qu’on veut.
- Goûtez à partir du septième jour. Quand l’acidité vous convient — comptez une à deux semaines selon la température — rangez le bocal dans un endroit frais, sec et à l’abri de la lumière. Le froid ne stoppe pas la fermentation, il la ralentit fortement.
Savoir lire son bocal
- Voile blanc plat et mat en surface : voile de kahm, une levure d’oxydation sans danger. Retirez-le à la cuillère, remettez les légumes sous la saumure et poursuivez.
- Duvet coloré en relief, vert, bleu, noir ou rose : moisissure. Jetez le bocal entier, sans gratter. Attention à ne pas confondre avec la mousse rose naturelle que forme la betterave en surface les premiers jours.
- Saumure trouble, bulles, dépôt au fond : normal et souhaitable.
- Saumure épaisse ou filante : fréquent avec la betterave, dont les sucres favorisent certaines bactéries productrices de polysaccharides. Sans mauvaise odeur, le bocal reste consommable, et le phénomène s’estompe souvent avec le temps.
- Odeur franchement putride : à jeter. Ce cas reste rare et ne laisse aucun doute.
Le matériel pour cette recette

Mon test des cet équipement
Le conseil de Karen
Coupez des cubes, pas des rondelles fines. La betterave est dense : en cubes de 2 cm, la saumure met quelques jours de plus à pénétrer mais le résultat garde une vraie mâche, alors que des tranches fines finissent molles. Et râpée, elle fermente en trois jours mais devient une purée acidulée — bonne en tartinade, décevante à la fourchette.
Le sujet de la lactofermentation vous intéresse ? Voir aussi mes tomates vertes lactofermentées, mon chou rouge lactofermenté et l’ensemble de mes recettes fermentées.
Valeurs nutritionnelles des betteraves lactofermentées
Pour 100 g de betteraves égouttées
| Énergie | 37 kcal (155 kJ) |
|---|---|
| Matières grasses | 0,1 g |
| dont acides gras saturés | 0,0 g |
| Glucides | 7,2 g |
| dont sucres | 5,4 g |
| Fibres alimentaires | 2,8 g |
| Protéines | 1,5 g |
| Sel | 1,40 g |
Valeurs estimées d’après la table Ciqual, pour une saumure à 2 %. La fermentation consomme une part des sucres de la betterave, d’où des glucides plus bas que sur le légume cru. La teneur en sel dépend de la durée de fermentation et de la taille des cubes ; un rinçage rapide avant de servir en retire une partie.
Astuces et variantes pour vos betteraves lactofermentées
Mes idées pour varier vos bocaux
- Épices au choix : le cumin est mon favori avec la betterave, mais le carvi, la coriandre, le genévrier, le gingembre frais, le curcuma ou une lanière de zeste d’orange fonctionnent très bien. Contrairement aux conserves stérilisées, aucune contrainte de proportion : les aromates ne changent pas la sécurité du bocal.
- Ne jetez pas la saumure : c’est le fameux kvas de betterave, un liquide rubis à l’acidité franche. Il remplace le vinaigre dans une vinaigrette, colore et relève une soupe froide, ou sert à ensemencer votre bocal suivant. C’est de loin la meilleure saumure de toutes les lactofermentations.
- Un calibre par bocal : ne mélangez pas cubes et rondelles fines, ils ne fermentent pas au même rythme et vous obtiendrez une texture inégale.
- Association : quelques rondelles de carotte ou de navet dans le même bocal donnent un mélange coloré. Sachez que la betterave teint tout ce qui l’entoure en rose.
- Utilisations : en salade avec de l’huile de noix et de l’échalote, sur une tartine de fromage frais, dans un bol de céréales, ou mixées en tartinade avec un peu de purée d’amande.
- Gestion des taches : travaillez sur une planche dédiée ou un plan protégé, et rincez à l’eau froide immédiatement. L’eau chaude fixe la couleur.
Questions fréquentes — betteraves lactofermentées
Combien de sel faut-il exactement ?
2 % du poids total, légumes et eau réunis. C’est le point que la plupart des recettes escamotent en parlant de « 20 g par litre d’eau » : avec 600 g de betteraves et 500 ml d’eau, il faut 22 g. Mais 20 g dans un litre d’eau avec 800 g de légumes ne donnent que 1,1 %, ce qui est trop faible. En dessous de 1,5 %, la fermentation démarre mal et les levures prennent l’avantage. Pesez toujours, et n’utilisez jamais de sel iodé : l’iode inhibe les bactéries lactiques.
Faut-il éplucher les betteraves ?
C’est un choix de goût. La peau donne une note terreuse prononcée qui se concentre en fermentation, et je préfère l’éliminer. Elle porte aussi une partie des bactéries lactiques, mais la betterave est si riche en sucres que la fermentation démarre sans difficulté même épluchée. Si vous gardez la peau, brossez-la soigneusement plutôt que de la frotter à l’éponge. Ne coupez en revanche pas la racine ni les fanes trop ras avant le lavage : la betterave se viderait de sa couleur.
Un voile blanc s’est formé, faut-il jeter ?
Non, dans la grande majorité des cas. Un voile blanc plat, mat, parfois légèrement plissé, est un voile de kahm : une levure d’oxydation sans danger. Retirez-le à la cuillère, vérifiez que les cubes sont bien immergés et poursuivez. La moisissure, elle, est duveteuse, en relief et colorée en vert, bleu, noir ou rose. Avec la betterave, méfiez-vous d’un piège : une mousse rose apparaît souvent en surface les premiers jours, ce n’est que du pigment entraîné par le gaz. La règle reste la même : plat et blanc, on écume ; duveteux et coloré, on jette.
Ma saumure est devenue épaisse et filante, est-ce grave ?
C’est assez fréquent avec la betterave, dont les sucres favorisent certaines bactéries lactiques qui produisent des polysaccharides. Le résultat est visqueux et peu appétissant, mais sans danger tant que l’odeur reste acidulée. Le phénomène s’estompe souvent au fil des semaines, à mesure que d’autres bactéries prennent le relais. Pour le limiter la prochaine fois : une température plus fraîche et un sel bien dosé à 2 %.
Faut-il ouvrir le bocal pour laisser sortir le gaz ?
Cela dépend du bocal. Un bocal à joint caoutchouc et étrier se purge tout seul : la surpression écarte le joint, le gaz sort et l’air ne rentre pas. Avec un couvercle vissé, entrouvrez-le une fois par jour pendant la première semaine. La betterave étant riche en sucres, elle produit beaucoup de gaz : laissez 3 à 4 cm de vide sous le bord et posez toujours le bocal dans une assiette.
À quelle température conserver, et combien de temps ?
Le froid ne stoppe pas la fermentation, il la ralentit fortement. En cave entre 10 et 15 °C, comptez 8 à 10 mois. Au réfrigérateur entre 2 et 6 °C, un an et souvent davantage, bocal fermé et cubes immergés. Après ouverture, plusieurs semaines au réfrigérateur, avec un ustensile propre et les légumes remis sous la saumure après chaque prélèvement. L’obscurité ne joue pas sur la sécurité, seulement sur la couleur, que la lumière ternit. La betterave est l’une des lactofermentations qui se gardent le mieux : sa densité la protège du ramollissement, contrairement au concombre.
Comment savoir si la fermentation a réussi ?
L’odeur à l’ouverture doit être acidulée, avec une note terreuse propre à la betterave. Le goût est franchement acide, légèrement sucré, et les cubes restent fermes sous la dent. La saumure prend une couleur rubis profond. Si vous possédez des bandelettes de pH, un bocal réussi se situe entre 3,2 et 4,0 : c’est cette acidité qui assure la conservation.
Bonjour, quelle est la contenance du bocal s’il vous plaît? Merci.Cordialement.
Bonjour,
Peut-on ouvrir le bocal pour enlever le poids dans le bocal quand la fermentation est faite ?
Merci
Non, il faut les retirer au moment de consommer.
Bonjour
J ai que du cumin en poudre
Par contre en graine j ai
coriandre
moutarde
Baie de rose
Il faut vraiment cumin?
Non mettez ce que vous aimez 🙂
peut-on consommer les légumes avant la fin de la fermentation ?
Merci
C’est possible oui 🙂