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L’huile de coco occupe une place à part dans ma cuisine: solide à température ambiante, parfumée ou totalement neutre selon la version, et surtout remarquablement stable à la cuisson.

C’est aussi une huile sur laquelle on lit à peu près tout et son contraire. Alors faisons le tri: ce qu’elle est vraiment, comment la choisir, à quoi elle sert en cuisine, et ce qu’il faut savoir de sa composition sans tomber dans les excès des deux camps.

Huile de coco vierge sur une cuillère en bois : bien la choisir et bien l'utiliser en cuisine

Ce qu’est vraiment l’huile de coco

L’huile de coco est extraite de l’amande de la noix de coco. Sa particularité tient à sa composition très riche en acides gras saturés, autour de 90 %, ce qui explique son comportement si différent des autres huiles végétales.

Dans le détail: environ 47 % d’acide laurique, 18 % d’acide myristique, 9 % d’acide palmitique, et de plus petites quantités d’acides caprylique et caprique. Cette structure lui donne un point de fusion autour de 24 °C — d’où le fait qu’elle soit solide l’hiver et liquide l’été, sans que ce soit un défaut.

Une précision utile, car la confusion est fréquente: l’huile de coco n’est pas de l’huile MCT. L’huile MCT est un extrait concentré, composé principalement d’acides caprylique et caprique, qui ne représentent qu’une petite fraction de l’huile de coco. Ce sont deux produits distincts, avec des usages différents.

Vierge ou raffinée : comment choisir

C’est la seule vraie question au moment de l’achat, et la réponse dépend entièrement de ce que vous comptez en faire.

L’huile de coco vierge, obtenue par pression à froid de la pulpe fraîche, conserve son parfum et son goût de noix de coco. C’est celle que je choisis pour les desserts, les currys, les préparations où ce parfum est un plus. Elle est aussi plus riche en composés mineurs, polyphénols et vitamine E.

L’huile de coco désodorisée, parfois dite raffinée, a été traitée pour retirer arômes et couleur. Elle est totalement neutre en goût, ce qui la rend indispensable dès que vous ne voulez pas de coco dans l’assiette — une pâte brisée salée, une poêlée de légumes, une friture.

Beaucoup de gens abandonnent l’huile de coco après un plat au goût envahissant, sans savoir que la version neutre existe. Avoir les deux au placard change complètement l’usage qu’on en fait.

Côté qualité, privilégiez une huile de coco bio vierge première pression à froid pour les usages où le goût compte, et vérifiez que le bocal est en verre.

Pourquoi elle tient si bien à la cuisson

C’est son atout le plus solide, et il découle directement de sa composition.

Les acides gras saturés n’ont pas de double liaison, ce qui les rend beaucoup moins sensibles à l’oxydation que les acides gras insaturés. Une huile riche en oméga-3, comme l’huile de lin ou de colza, s’altère rapidement à la chaleur; l’huile de coco, non.

Son point de fumée se situe autour de 175 °C pour la version vierge et 200 à 230 °C pour la version désodorisée, ce qui couvre l’essentiel des cuissons domestiques.

C’est donc une bonne candidate pour les cuissons à feu vif et les fritures, là où beaucoup d’huiles réputées plus « saines » se dégradent. Le principe général reste valable: on ne cuit jamais avec une huile fragile, et on réserve les huiles de colza, de noix ou de lin à l’assaisonnement à froid.

Ses usages en cuisine

Voici ceux pour lesquels je la trouve réellement supérieure aux alternatives.

Les cuissons à la poêle et au wok. Sa stabilité et son point de fumée en font une huile de cuisson fiable. En version neutre, elle ne parfume rien.

Les currys et la cuisine asiatique. Ici, la version vierge est un atout: son parfum s’accorde naturellement avec le lait de coco, la citronnelle et le gingembre.

Le remplacement du beurre. C’est probablement son usage le plus précieux dans une cuisine sans lait: solide à froid, fondante à la chaleur, elle reproduit le comportement du beurre mieux que n’importe quelle huile liquide. Vous la retrouverez dans mon quatre-quarts sans gluten ni lait et dans mon gâteau paléo ultra cacao.

Les préparations crues et les desserts figés. C’est son usage le plus spécifique et le moins connu: comme elle se solidifie en dessous de 24 °C, elle sert de liant dans les fonds de tarte crus, les barres, les truffes et les chocolats maison. Aucune autre huile ne fait ça.

Les popcorns et les frituras. Une cuillère d’huile de coco neutre dans une casserole donne des popcorns nettement meilleurs qu’à l’huile de tournesol.

En pâtisserie : mes proportions

Le remplacement du beurre par l’huile de coco ne se fait pas tout à fait au poids pour poids, et c’est ce qui explique la plupart des ratés.

La règle que j’applique: comptez environ 80 g d’huile de coco pour 100 g de beurre. Le beurre contient de 16 à 18 % d’eau, l’huile de coco pratiquement pas — si vous remplacez au poids exact, votre préparation sera trop grasse et se tiendra mal.

Quelques repères complémentaires:

  • Faites-la fondre à feu très doux ou au bain-marie avant de l’incorporer, sans la faire chauffer.
  • Attention aux appareils froids: si vous versez de l’huile de coco fondue sur des œufs sortis du réfrigérateur, elle se fige instantanément en petits grains. Sortez vos ingrédients à l’avance.
  • En pâte sablée, utilisez-la solide et travaillez-la comme du beurre, du bout des doigts.
  • Le goût: version vierge pour les desserts au chocolat, aux fruits exotiques ou aux épices; version neutre pour tout le reste.

La question des graisses saturées

Impossible de parler d’huile de coco sans aborder ce point, et je vais essayer d’être précise plutôt que tranchante — parce que c’est un sujet où les deux camps exagèrent.

Ce qui est établi: l’huile de coco augmente le cholestérol total, le LDL et le HDL davantage que les huiles végétales insaturées. C’est le résultat le plus constant des méta-analyses, et il tient probablement à sa forte teneur en acide laurique et en acide myristique.

Ce qui a évolué: le lien direct entre graisses saturées alimentaires et risque cardiovasculaire s’est révélé plus complexe qu’on ne le pensait dans les années 1980. Le débat scientifique n’est pas clos, la nature de l’aliment source compte, et les recommandations ont gagné en nuance.

Ce qu’on ne peut pas dire: que la réputation des graisses saturées serait une simple idée reçue désormais balayée. Ce serait remplacer une simplification par une autre.

Ma position pratique, qui vaut ce qu’elle vaut: l’huile de coco est une matière grasse parmi d’autres, pas une huile quotidienne exclusive. Je l’utilise pour ce qu’elle fait bien — la cuisson, la pâtisserie sans beurre, les préparations figées — et je garde l’huile d’olive pour l’assaisonnement et la cuisine méditerranéenne, l’huile de colza pour les oméga-3 à froid.

La variété des matières grasses est probablement plus déterminante que le choix de l’une d’entre elles. Si vous avez un cholestérol élevé ou un suivi cardiovasculaire, c’est un point à évoquer avec votre médecin plutôt qu’avec un blog.

Conservation et achat

C’est l’un des rares corps gras qui ne demande aucune précaution particulière: sa richesse en acides gras saturés la rend très peu sensible au rancissement. Comptez facilement deux ans dans un placard, à l’abri de la lumière et loin d’une source de chaleur.

Elle passera de l’état solide à l’état liquide selon la température de votre cuisine, et inversement, sans que cela pose le moindre problème. Ne la mettez pas au réfrigérateur, elle deviendrait très difficile à prélever.

Deux points à vérifier à l’achat: la mention vierge et première pression à froid si vous voulez le goût et les composés mineurs, et un conditionnement en verre. Vous trouverez une sélection d’huiles de coco bio et d’autres produits d’alimentation bio chez notre partenaire.

Questions fréquentes

Quelle différence entre huile de coco vierge et désodorisée ?

L’huile vierge, obtenue par pression à froid de la pulpe fraîche, conserve son parfum de noix de coco et ses composés mineurs. L’huile désodorisée a été traitée pour retirer arômes et couleur: elle est totalement neutre en goût, ce qui la rend indispensable pour les plats salés et les fritures. Beaucoup de gens abandonnent l’huile de coco après un plat au goût envahissant sans savoir que la version neutre existe.

Peut-on cuire avec de l’huile de coco ?

Oui, c’est même son principal atout. Ses acides gras saturés n’ont pas de double liaison, ce qui les rend beaucoup moins sensibles à l’oxydation que les acides gras insaturés. Son point de fumée se situe autour de 175 °C pour la version vierge et 200 à 230 °C pour la version désodorisée, ce qui couvre l’essentiel des cuissons domestiques, fritures comprises.

Comment remplacer le beurre par de l’huile de coco ?

Comptez environ 80 g d’huile de coco pour 100 g de beurre. Le beurre contient 16 à 18 % d’eau, l’huile de coco pratiquement pas: un remplacement au poids exact rend la préparation trop grasse. Faites-la fondre à feu très doux, et sortez vos autres ingrédients du réfrigérateur à l’avance — versée sur des œufs froids, elle se fige instantanément en petits grains.

L’huile de coco est-elle la même chose que l’huile MCT ?

Non, et la confusion est fréquente. L’huile MCT est un extrait concentré, composé principalement d’acides caprylique et caprique. Or ces deux acides gras ne représentent qu’une petite fraction de l’huile de coco, qui est constituée à environ 47 % d’acide laurique et contient aussi des acides gras saturés à longue chaîne. Ce sont deux produits distincts, aux usages différents.

L’huile de coco fait-elle monter le cholestérol ?

Les méta-analyses montrent que l’huile de coco augmente le cholestérol total, le LDL et le HDL davantage que les huiles végétales insaturées. Le lien entre graisses saturées alimentaires et risque cardiovasculaire s’est révélé plus complexe qu’on ne le pensait, et le débat n’est pas clos — mais il serait excessif de dire que la question est réglée. En pratique, c’est une matière grasse parmi d’autres, pas une huile quotidienne exclusive. Si vous avez un suivi cardiovasculaire, parlez-en à votre médecin.

Comment conserver l’huile de coco ?

C’est l’un des corps gras les plus faciles à conserver: sa richesse en acides gras saturés la rend très peu sensible au rancissement. Comptez facilement deux ans dans un placard, à l’abri de la lumière. Elle passera de l’état solide à liquide selon la température ambiante — son point de fusion se situe autour de 24 °C — sans que ce soit un problème. Ne la mettez pas au réfrigérateur, elle deviendrait très difficile à prélever.

Le conseil de Karen

Le conseil qui change tout: ayez les deux versions au placard. La vierge pour les desserts, les currys et tout ce qui gagne à sentir la coco; la désodorisée pour les plats salés, les fritures et les pâtes à tarte. C’est ce qui fait la différence entre une huile qu’on utilise trois fois et une huile qui devient un réflexe.

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