Lien affilié. Cet article contient un lien affilié : si vous commandez via ce lien, je perçois une commission sans surcoût pour vous. Cela ne change ni mon avis ni mes réserves — vous allez en lire plusieurs. Article mis à jour en juillet 2026.
Je vais commencer par le plus honnête : je ne recommande le distillateur d’eau à presque personne.
Ce n’est pas une figure de style pour vous garder en haut de page. C’est mon avis après des années d’utilisation quotidienne d’un Mégahome dans ma cuisine. La distillation est une technologie sérieuse, ancienne, et parfaitement fiable — mais elle est lente, énergivore, et son profil d’efficacité est bien plus contrasté qu’on ne le raconte.
Cela dit, il existe quatre situations où c’est le meilleur choix possible, et où aucune autre technologie ne fait aussi bien. Si vous êtes dans l’une d’elles, cet article est pour vous.

Distillateur d’eau Megahome en Inox
Comment fonctionne un distillateur
Le principe est celui du cycle de l’eau, en accéléré et sous votre plan de travail.
L’appareil chauffe l’eau jusqu’à ébullition. La vapeur monte, laisse derrière elle tout ce qui n’est pas volatil — sels minéraux, métaux lourds, nitrates, bactéries — puis se condense au contact d’un serpentin refroidi et retombe, goutte à goutte, dans une carafe. Le fond de cuve, lui, se couvre d’un dépôt brun qu’il faut nettoyer.
C’est un procédé physique. Il n’y a rien à comprendre de plus, et rien de mystérieux.
Ce qu’un distillateur retient vraiment — et ce qu’il laisse passer
Voici le point que je n’ai lu nulle part, et qui devrait pourtant figurer sur chaque page de vente.
La distillation est excellente sur ce qui n’est pas volatil, et médiocre sur ce qui l’est.
Ce qu’elle élimine très bien
- Les PFAS — ces « polluants éternels » ne sont pas volatils : ils restent au fond de la cuve. C’est un vrai point fort, et il devient important depuis que ces substances sont recherchées dans l’eau du robinet.
- Les nitrates — non volatils, retenus.
- Les métaux lourds (plomb, arsenic, nickel) — retenus.
- Le calcaire et tous les sels minéraux — c’est le dépôt brun dans la cuve.
- Les bactéries et virus — l’ébullition s’en charge.
Ce qu’elle laisse passer
Les composés volatils. Ceux dont le point d’ébullition est proche de celui de l’eau, ou inférieur, s’évaporent avec elle — et se recondensent avec elle. Ils passent.
Concrètement : le chlore et les trihalométhanes (les sous-produits de la désinfection). Le chloroforme, par exemple, bout à 61 °C. Il ne reste pas dans la cuve.
C’est exactement pour cette raison que le Mégahome possède un petit filtre à charbon actif en sortie de condenseur. Ce n’est pas un gadget : c’est lui qui rattrape les volatils. Si vous ne le changez pas, vous perdez cette partie de la filtration — et c’est une erreur que je vois souvent.
Autrement dit : un distillateur n’est pas « 99 % efficace ». Il est presque parfait sur une famille de polluants et perfectible sur une autre. C’est une nuance qui change tout selon ce que contient votre eau — et c’est la raison pour laquelle je vous dirai toujours de lire votre analyse d’eau avant d’acheter quoi que ce soit.
Les trois vrais inconvénients
1. C’est lent
Comptez environ 5 h 30 pour produire 4 litres. Ce n’est pas un robinet, c’est une production par lots. Il faut y penser la veille. Pour une famille nombreuse, c’est rédhibitoire.
2. C’est énergivore — et personne ne chiffre
Faire bouillir de l’eau coûte cher, physiquement parlant : il faut fournir la chaleur latente de vaporisation.
D’après la puissance annoncée de l’appareil (de l’ordre de 580 W) et la durée d’un cycle, j’arrive à une estimation de 0,8 kWh environ par litre produit. Au tarif actuel de l’électricité, cela représente de l’ordre de 0,20 € le litre, en électricité seule.
Mettons ce chiffre en perspective :
- Eau du robinet : environ 0,004 € le litre.
- Osmose inverse : 0,05 à 0,10 € le litre, consommables compris.
- Distillateur : environ 0,20 € le litre.
- Eau en bouteille : 0,25 à 0,60 € le litre.
Le distillateur reste moins cher que la bouteille. Il est deux à quatre fois plus cher qu’un osmoseur. C’est un fait, et il est décisif dans le choix.
Ces valeurs sont des estimations calculées, pas des mesures. Je compte les vérifier au wattmètre et je mettrai cet article à jour.
3. Il faut le détartrer
Tout ce que l’eau contenait se retrouve au fond de la cuve, concentré. Un dépôt brun et dur s’y forme. Un nettoyage régulier à l’acide citrique ou au vinaigre blanc est indispensable — et ce n’est pas la partie la plus agréable de la journée.
Le bon côté : ce dépôt est une preuve visible. Vous voyez, littéralement, ce que vous ne buvez plus.
Les 4 cas où le distillateur est le bon choix
1. Vous ne pouvez ni percer, ni brancher sur l’arrivée d’eau
Locataire, studio, cuisine minuscule, pas de place sous l’évier, pas le droit de toucher à la plomberie. Le distillateur se pose et se branche sur une prise. C’est tout. Aucun osmoseur sous évier n’offre ça.
2. Vous ne voulez rejeter aucune eau
C’est l’argument que je trouve le plus fort, et il est trop peu entendu.
Un osmoseur rejette 1 à 3 litres pour chaque litre produit. Un distillateur, rien. Tout ce que vous versez ressort, moins les résidus au fond de la cuve.
Dans un contexte de tensions récurrentes sur la ressource en eau, et pour qui a fait de la sobriété une ligne de conduite, ce n’est pas un détail. C’est même la seule technologie de purification poussée qui ne gaspille pas une goutte.
3. Vous avez une source dont vous ignorez la chimie
Un puits, un forage, une eau dont vous ne savez pas ce qu’elle contient. La distillation traite en même temps le microbiologique et le non-volatil — sans que vous ayez besoin de savoir précisément ce que vous traitez.
C’est une approche « large spectre » très rassurante quand le diagnostic est incomplet. Attention cependant : pour une eau de puits destinée à la consommation, une analyse en laboratoire agréé reste obligatoire. Un distillateur ne vous dispense pas de savoir.
4. Vos usages ne sont pas alimentaires — et c’est ce qu’on oublie toujours
Il y a un besoin que seul un distillateur satisfait facilement : une eau sans le moindre minéral.
- Le fer à repasser et la centrale vapeur — plus jamais de tartre, plus jamais de projections blanches sur le linge foncé.
- Les appareils de CPAP (apnée du sommeil) — l’eau distillée est la recommandation constante des fabricants.
- L’aquariophilie — pour maîtriser totalement la composition de l’eau du bac.
- Les humidificateurs — pas de poussière blanche minérale dispersée dans la pièce.
- Les cosmétiques maison — une base neutre, sans minéraux qui interfèrent.
À elle seule, cette liste justifie l’achat pour beaucoup de foyers — indépendamment de toute question d’eau de boisson.
Faut-il reminéraliser l’eau distillée ?
L’eau distillée est totalement déminéralisée. Elle a un goût plat, un peu vide, et un pH légèrement acide. La question de la reminéralisation se pose donc pour de bon.
Voici ce qui la fonde, et ce n’est pas une intuition : le calcium et le magnésium présents dans l’eau sont biodisponibles. L’OMS y a consacré une monographie entière (Calcium and Magnesium in Drinking-water, 2009). Leur contribution reste minoritaire face à l’alimentation, mais elle n’est pas nulle — et elle devient significative chez les personnes dont l’alimentation est peu diversifiée, ou dont l’apport hydrique est élevé.
Autrement dit : un distillateur ne produit pas « de l’eau en mieux ». Il produit de l’eau en moins — moins de polluants, et moins de tout le reste.
Ce que je fais, concrètement : je n’utilise pas l’eau distillée comme unique source de boisson. Je la panache avec une eau minéralisée, ou je l’utilise pour des usages spécifiques. Une pincée de sel non raffiné ou un trait de citron n’apporte pas grand-chose sur le plan minéral — soyons honnêtes, c’est plus une question de goût qu’un apport nutritionnel réel.
Si votre priorité est une eau à la fois épurée et minéralisée, sans y penser, un osmoseur avec cartouche de reminéralisation est plus adapté qu’un distillateur. Je le dis même si cet article parle d’un distillateur.
👉 Mon comparatif des filtres à eau par osmose inverse
Mon avis sur le Mégahome
C’est un appareil que je connais bien, et voici ce que j’en pense sans filtre.
Ce que j’aime : la cuve en inox (et non en plastique — pour un appareil qui chauffe de l’eau à 100 °C, ce n’est pas un détail), la robustesse mécanique, la simplicité absolue (un bouton), et la carafe en verre plutôt qu’en plastique. C’est du matériel conçu pour durer, et le mien a duré.
Ce qui m’agace : le détartrage de la cuve, la lenteur, le bruit du ventilateur pendant tout le cycle, et le fait qu’il faille penser à changer le petit charbon actif en sortie — celui que tout le monde oublie, et qui est pourtant le seul rempart contre les volatils.
- Avantages : cuve inox, carafe en verre, aucun rejet d’eau, aucune plomberie, très efficace sur PFAS, nitrates et métaux lourds.
- Inconvénients : lent (~5 h 30 pour 4 L), énergivore (~0,20 €/L), détartrage régulier, eau totalement déminéralisée, moins efficace sur les composés volatils.
Distillateur, osmoseur ou carafe : lequel pour vous ?
| Carafe filtrante | Osmoseur | Distillateur | |
|---|---|---|---|
| Chlore, goût | ✅ | ✅ | ⚠️ via le charbon en sortie |
| Trihalométhanes | ✅ | ✅ | ⚠️ via le charbon en sortie |
| Nitrates | ❌ | ✅ | ✅ |
| PFAS | ❌ | ✅ | ✅ |
| Métaux lourds | ⚠️ partiel | ✅ | ✅ |
| Bactéries | ❌ | ✅ | ✅ |
| Rejet d’eau | Aucun | 1 à 3 L / L | Aucun |
| Coût au litre | ~0,03 € | 0,05 – 0,10 € | ~0,20 € |
| Travaux | Aucun | Souvent | Aucun |
| Débit | Immédiat | Immédiat | ~5 h 30 pour 4 L |
En une phrase : le distillateur est le choix de ceux qui ne peuvent pas percer, qui refusent de gaspiller de l’eau, ou qui ont besoin d’une eau totalement déminéralisée. Pour tous les autres, un osmoseur fera mieux, plus vite et moins cher.
En résumé
Je ne vais pas vous vendre un distillateur en vous disant qu’il va transformer votre santé. Ce serait faux.
Ce qu’il fait : il réduit fortement votre exposition aux PFAS, aux nitrates et aux métaux lourds, sans gaspiller une goutte d’eau et sans le moindre travaux. Ce qu’il ne fait pas : il n’est pas très bon sur les volatils, il est lent, il consomme, et il produit une eau qu’il faut penser à compléter.
Et comme toujours : lisez votre analyse d’eau avant d’acheter. Si vous n’avez qu’un goût de chlore, une carafe couverte une heure au réfrigérateur vous coûtera zéro euro et réglera votre problème.
Diagnostic d’abord. Équipement ensuite. Jamais l’inverse.
👉 Comment lire votre analyse d’eau (gratuit, 15 minutes)
👉 Quelle eau boire ? Mon dossier complet
👉 Mon comparatif des osmoseurs
👉 Mon comparatif des filtres par gravité
Sources
- OMS — Calcium and Magnesium in Drinking-water: Public Health Significance (2009)
- Anses — PFAS : résultats de la campagne nationale de mesure dans l’eau destinée à la consommation (2025)
- Ministère de la Santé — Laboratoires agréés pour le contrôle sanitaire des eaux
Dernière mise à jour : juillet 2026. Je ne suis ni médecin ni hydrogéologue : en cas de doute sanitaire, contactez votre ARS.