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La soupe au pistou m’a longtemps déçue, et je mettais ça sur le compte des légumes. En réalité, je faisais deux erreurs qui suffisent à ruiner ce plat. La première : j’ajoutais le pistou dans la casserole et je laissais mijoter cinq minutes. Le basilic cuit perd tout, en quelques secondes seulement, il vire au brun et son parfum s’évapore. Le pistou se verse hors du feu, dans la soupière, jamais dans la marmite. La seconde erreur portait sur les haricots : j’utilisais des conserves, alors que les cocos frais à écosser sont l’âme de cette recette et ne se trouvent qu’en juillet et août. Cette version est sans gluten et sans produit laitier, le pistou traditionnel provençal se passant très bien de parmesan. J’y mets beaucoup d’ail, beaucoup de basilic, et une bonne huile d’olive fruitée. Comptez quarante minutes de travail, dont l’essentiel à écosser tranquillement dehors. C’est le plat qui sent l’été le plus fort que je connaisse.

Pourquoi cette recette fonctionne

  • Le pistou arrive hors du feu : le basilic contient des composés aromatiques très volatils qui disparaissent à la chaleur, et ses feuilles noircissent par oxydation enzymatique. Versé dans la soupière au moment de servir, il garde son parfum entier et sa couleur verte.
  • Les légumes entrent en trois temps : les haricots secs ou frais demandent quarante minutes, les légumes racines vingt, les courgettes dix. Les jeter ensemble condamne à choisir entre des haricots durs et des courgettes en bouillie.
  • Le mortier écrase, le mixeur hache : le pilon libère les huiles essentielles du basilic en froissant les cellules, là où les lames d’un robot les chauffent et les oxydent. La différence de parfum est immédiate.
  • Les haricots frais lient le bouillon : l’amidon qu’ils libèrent en cuisant épaissit naturellement la soupe. Aucune farine ni pomme de terre supplémentaire n’est nécessaire.

Quels haricots pour une vraie soupe au pistou

C’est le choix qui détermine tout le reste, et la saison décide pour vous. Les haricots frais à écosser ne se trouvent que de fin juin à septembre, sur les marchés et rarement en grande surface. Hors saison, les secs donnent un excellent résultat à condition de les tremper.

Type de haricot Saison Préparation Cuisson dans la soupe
Coco de Paimpol frais Juillet à octobre Écosser, aucun trempage 35 à 40 min
Haricot borlotti frais Juillet à septembre Écosser, aucun trempage 35 à 40 min
Flageolet frais Juillet à août Écosser, aucun trempage 30 min
Coco blanc sec Toute l’année Trempage 12 h 50 à 60 min
Haricots en bocal Toute l’année Rincer et égoutter 10 min seulement

Un point technique qui vaut pour tous les haricots secs : ce n’est pas le sel qui les empêche de s’attendrir, contrairement à ce qu’on lit partout, mais l’eau calcaire et l’acidité. Le calcium consolide la pectine de la peau et bloque l’hydratation. Si votre eau est dure, une pincée de bicarbonate dans le trempage règle la question. N’ajoutez en revanche jamais de tomate ni de vinaigre avant la fin de la cuisson des haricots, l’acidité les maintiendrait fermes indéfiniment.

Recette de soupe au pistou maison

  • Recette sans gluten
  • Recette sans lactose
  • Recette vegan

Recette de soupe au pistou maison sans gluten

Recette de soupe au pistou maison sans gluten

Soupe

Pour 6 personnes (environ 2,5 litres)
Temps de préparation :
Temps de cuisson :
Temps total :

Pour la soupe

  • 500 g de haricots frais à écosser (coco, borlotti ou flageolet), soit 1,2 kg en gousses
  • 300 g de haricots verts plats
  • 2 courgettes (400 g)
  • 2 carottes (200 g)
  • 2 pommes de terre à chair ferme (250 g)
  • 3 tomates mûres (300 g)
  • 1 oignon jaune (100 g)
  • 2 litres d’eau ou de bouillon de légumes
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive (25 ml)
  • 10 g de sel fin, poivre du moulin
  • 100 g de petites pâtes sans gluten (facultatif)

Pour le pistou

  • 2 gros bouquets de basilic, soit 60 g de feuilles
  • 4 gousses d’ail dégermées
  • 12 cl d’huile d’olive vierge extra fruitée
  • 2 g de gros sel
  • 1 tomate mûre pelée et épépinée (facultatif, version niçoise)
  1. Écossez les haricots
    Ouvrez les gousses en les pressant à la jointure : elles s’ouvrent d’elles-mêmes quand elles sont à point. Comptez une bonne demi-heure pour 1,2 kg, c’est le vrai travail de cette recette. Les haricots frais n’ont besoin d’aucun trempage, contrairement aux secs. Écartez les grains noircis ou ridés.
  2. Préparez les légumes
    Coupez carottes, pommes de terre et courgettes en dés d’un centimètre, pour qu’ils tiennent sur la cuillère. Effilez les haricots verts et cassez-les en tronçons de trois centimètres. Pelez les tomates après trente secondes d’eau bouillante, épépinez et concassez grossièrement. Émincez l’oignon.
  3. Lancez oignon et haricots à écosser
    Faites suer l’oignon dans l’huile d’olive au fond d’une grande marmite, 5 minutes à feu moyen sans colorer. Ajoutez les haricots frais écossés, couvrez de deux litres d’eau, salez et portez à frémissement. Comptez 25 minutes à ce stade, la surface tremblant à peine.
  4. Ajoutez les légumes fermes
    Incorporez les carottes, les pommes de terre et les tomates concassées. Poursuivez 15 minutes. Le bouillon s’épaissit progressivement et prend une teinte orangée : c’est l’amidon des haricots qui se libère et lie naturellement la soupe, sans qu’aucune farine ne soit nécessaire.
  5. Terminez par les légumes tendres
    Ajoutez les courgettes, les haricots verts et les pâtes si vous en utilisez. Comptez 10 minutes de plus. Les légumes doivent rester identifiables sous la cuillère : une soupe au pistou n’est pas un velouté, on doit reconnaître chaque légume à la bouchée. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement.
  6. Montez le pistou au mortier
    Pendant ce temps, pilez le gros sel et l’ail dégermé jusqu’à obtenir une pâte lisse. Ajoutez le basilic par poignées en écrasant contre les parois d’un mouvement tournant, jamais en frappant. Une pâte vert sombre et parfumée se forme, et l’odeur emplit la cuisine. Versez enfin l’huile d’olive en filet en continuant de tourner.
  7. Assemblez hors du feu
    Retirez la marmite du feu et attendez deux minutes. Versez le pistou dans la soupière, puis la soupe brûlante par-dessus, et mélangez une seule fois. Ne remettez jamais sur le feu après cette étape : le basilic brunirait et perdrait tout son parfum en moins d’une minute.
  8. Servez sans attendre
    Portez à table immédiatement, avec un filet d’huile d’olive fruitée sur chaque assiette. La soupe doit être chaude sans être bouillante, ce qui laisse les arômes du basilic s’exprimer pleinement.

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Le conseil de Karen

Le vrai secret de ce plat tient en une règle : le pistou ne cuit jamais. Le basilic contient des composés aromatiques très volatils qui s’évaporent dès qu’ils dépassent 60 °C, et ses feuilles brunissent par oxydation. Deux minutes dans une marmite bouillante suffisent à ruiner un quart d’heure de mortier. Côté conservation, cette soupe au pistou se garde 3 jours au réfrigérateur, mais préparez-la sans le pistou et ajoutez-en du frais à chaque service. Refroidissez-la rapidement, en moins de deux heures, étalée dans un plat large plutôt que laissée à tiédir dans la marmite. La soupe seule se congèle bien 3 mois, sans les pâtes qui se déliteraient. Le pistou se congèle aussi très bien, en bacs à glaçons : c’est ma façon de garder du basilic d’été jusqu’en janvier, et un cube détendu à l’huile retrouve l’essentiel de son parfum.

Valeurs nutritionnelles indicatives pour 100 g de soupe au pistou

Par 100 g

Énergie ~78 kcal
Glucides ~8,9 g
Dont sucres ~1,6 g
Protéines ~3,4 g
Lipides ~3,2 g
Fibres ~3,2 g
Sodium ~0,16 g

Soit environ 312 kcal par assiette de 400 g, pistou compris. Avec 3,2 g de fibres pour 100 g, cette soupe est source de fibres au sens réglementaire. Les lipides viennent presque entièrement de l’huile d’olive du pistou, insaturée. Le sodium correspond au sel ajouté et à un bouillon maison peu salé.

Pistou ou pesto : ce qui les distingue

Les deux mots ont la même origine, du verbe italien pestare qui signifie piler, et désignent la même technique. La composition, en revanche, diffère nettement.

Le pistou provençal se compose de trois éléments : basilic, ail et huile d’olive. C’est tout. Le pesto génois y ajoute des pignons de pin et du fromage râpé, parmesan ou pecorino, ce qui en fait une préparation bien plus riche et lactée. Le pistou traditionnel est donc naturellement sans produit laitier, ce qui tombe bien ici. Certaines versions niçoises incorporent une tomate pelée, qui adoucit l’ail et apporte du volume.

Sur la méthode, le mortier n’est pas une coquetterie de puriste. Le pilon écrase les cellules du basilic et en libère progressivement les huiles essentielles. Les lames d’un robot coupent et chauffent, ce qui oxyde les feuilles et donne un goût plus amer, avec une couleur qui vire au brun-vert. Si vous n’avez que le robot, mixez par impulsions très courtes, bol et lame préalablement refroidis au congélateur.

Dernier repère : ne dégermez jamais l’ail à moitié. Le germe central développe une amertume et une âcreté qui ressortent d’autant plus que l’ail est cru et pilé.

Astuces et variantes pour la soupe au pistou

Mes idées pour adapter cette soupe d’été

  • Hors saison des haricots frais : 250 g de haricots secs trempés une nuit remplacent les 500 g de frais, avec 20 minutes de cuisson supplémentaires. Les bocaux dépannent mais donnent une soupe moins liée, l’amidon étant resté dans le liquide de conserve.
  • Version niçoise : ajoutez une tomate pelée et épépinée dans le mortier avec le basilic. Le pistou devient plus doux, plus onctueux, et l’ail se fait moins mordant.
  • Sans pâtes : elles ne sont pas obligatoires et beaucoup de versions provençales s’en passent. Si vous en mettez, choisissez des petites formes sans gluten et ajoutez-les dix minutes avant la fin, pas plus tôt.
  • Congeler le pistou : versez-le dans un bac à glaçons, congelez, puis transvasez les cubes en sachet. Six mois de conservation, et de quoi refaire cette soupe en plein hiver. Ajoutez l’huile après décongélation pour un meilleur résultat.
  • Rendre le plat complet : la soupe est déjà nourrissante avec ses haricots, mais une tranche de pain sans gluten grillée frottée à l’ail en fait un repas à elle seule.
  • Le lendemain : la soupe épaissit énormément au réfrigérateur. Détendez-la avec un peu d’eau chaude au réchauffage, et ajoutez du pistou frais, jamais celui de la veille.

Questions fréquentes – soupe au pistou

Quand faut-il ajouter le pistou ?

Toujours hors du feu, au dernier moment, dans la soupière et jamais dans la marmite. Le basilic contient des composés aromatiques très volatils qui s’évaporent au-delà de soixante degrés, et ses feuilles brunissent rapidement par oxydation à la chaleur. Deux minutes de cuisson suffisent à ruiner un pistou fraîchement pilé. La méthode traditionnelle consiste à verser le pistou au fond de la soupière, puis la soupe brûlante par-dessus, et à mélanger une seule fois avant de servir immédiatement.

Quelle différence entre pistou et pesto ?

Les deux mots viennent du verbe italien pestare, qui signifie piler, et désignent la même technique. La composition diffère en revanche nettement. Le pistou provençal ne contient que du basilic, de l’ail et de l’huile d’olive, ce qui le rend naturellement sans produit laitier. Le pesto génois y ajoute des pignons de pin et du fromage râpé, parmesan ou pecorino, ce qui en fait une préparation bien plus riche. Certaines versions niçoises du pistou incorporent aussi une tomate pelée, qui adoucit l’ail.

Peut-on faire le pistou au mixeur ?

C’est possible mais le résultat est inférieur, et pas seulement par tradition. Le pilon écrase les cellules du basilic et libère progressivement leurs huiles essentielles, tandis que les lames d’un robot coupent et chauffent la matière, ce qui l’oxyde. Le pistou devient alors plus amer et vire au brun-vert au lieu de rester vert franc. Si vous n’avez pas de mortier, placez le bol et la lame au congélateur une demi-heure avant, puis mixez par impulsions très courtes en raclant souvent les parois.

Quels haricots utiliser hors saison ?

Les haricots secs donnent un excellent résultat, à condition de les faire tremper douze heures. Comptez deux cent cinquante grammes de secs pour remplacer cinq cents grammes de frais écossés, avec une vingtaine de minutes de cuisson supplémentaires. Les haricots en bocal dépannent quand le temps manque, mais la soupe sera moins liée : l’amidon qui épaissit naturellement le bouillon est resté dans le liquide de conserve. Ajoutez-les alors dix minutes avant la fin seulement, ils sont déjà cuits.

Comment conserver la soupe au pistou ?

Préparez et conservez la soupe sans le pistou, trois jours au réfrigérateur dans un contenant fermé, en la refroidissant rapidement après cuisson. Ajoutez un pistou fraîchement pilé à chaque service, jamais celui de la veille qui aura bruni et perdu son parfum. La soupe seule se congèle très bien pendant trois mois, à condition d’omettre les pâtes qui se déliteraient. Le pistou se congèle également, en bacs à glaçons, ce qui permet de retrouver le goût du basilic d’été en plein hiver.

Faut-il mettre des pâtes dans la soupe au pistou ?

C’est facultatif, et les versions traditionnelles varient d’un village à l’autre en Provence. Certaines familles n’en mettent jamais, considérant que les haricots suffisent à nourrir le plat. D’autres ajoutent de petites pâtes courtes qui absorbent le bouillon et épaississent l’ensemble. Si vous en utilisez, prenez des formes sans gluten et incorporez-les dix minutes avant la fin de cuisson : plus tôt, elles se déliteraient et rendraient la soupe pâteuse. Retirez-les avant congélation.

Pourquoi mon pistou est-il devenu noir ?

Deux causes possibles, et souvent les deux ensemble. La première est la chaleur : ajouté dans une soupe bouillante ou remis sur le feu, le basilic brunit en moins d’une minute. La seconde est l’oxydation à l’air, qui agit plus lentement mais transforme un pistou laissé à découvert pendant une heure. Deux parades simples : préparez le pistou au dernier moment, et couvrez-le d’un film d’huile d’olive en surface s’il doit attendre un peu. Le sel ajouté dès le début du pilonnage limite aussi le phénomène.



C’est le plat qui marque le milieu de l’été chez moi, quand les cocos frais arrivent sur les étals et que le basilic déborde de la jardinière. Une demi-heure à écosser dehors, une heure de marmite, et une soupière qui embaume dès qu’on soulève le couvercle. Retenez les deux règles qui font tout : le pistou hors du feu, et les légumes ajoutés en trois temps selon leur fermeté. Le reste s’adapte à ce que vous trouvez au marché, et chaque famille provençale a sa version. Si vous n’avez jamais utilisé de mortier, essayez-le au moins une fois pour cette recette : l’écart de parfum avec un pistou mixé se sent immédiatement, et c’est ce qui justifie le quart d’heure de plus. Pensez aussi à congeler du pistou en cubes tant que le basilic est là, c’est ce qui vous permettra de refaire cette soupe en février. Dites-moi en commentaire quels haricots vous avez trouvés et si vous mettez des pâtes ou non : c’est le point sur lequel les versions divergent le plus, et les retours des lecteurs sont toujours instructifs.

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