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Une pâte à pâtes n’a pas les mêmes besoins qu’une pâte à gâteau. Le blé lui apporte un réseau de gluten élastique, capable de s’étirer sous le laminoir sans se déchirer, puis de tenir dans l’eau bouillante. C’est exactement cette propriété qui disparaît en sans gluten, et aucune farine seule ne la remplace. Il faut la reconstruire avec un mélange précis et un liant dédié.

J’ai longtemps utilisé mon mix pâtisserie sans gluten pour cet usage, avec des résultats irréguliers. C’est logique : un mix pâtisserie est formulé pour donner une mie tendre et friable, donc volontairement pauvre en liant. Je vous donne donc ici une formulation spécifique aux pâtes, en trois composants, avec du psyllium blond comme véritable moteur d’élasticité. La différence sur la feuille de pâte est spectaculaire.

Le reste tient à deux gestes que la plupart des recettes oublient : un vrai temps de repos avant le laminage, et une cuisson plus longue qu’avec du blé. Ces pâtes accompagnent très bien mes idées d’accompagnements sans gluten. Comptez une bonne heure au total, dont trente minutes où la pâte travaille toute seule.

Recette de pâtes fraîches sans gluten aux œufs

  • Recette sans gluten
  • Recette sans lactose
  • Recette végétarienne

Des pâtes fraîches sans gluten prêtes à être cuisinées

Des pâtes fraîches sans gluten prêtes à être cuisinées

Plat principal ou accompagnement

Pour 4 personnes, environ 550 g de pâtes crues
Temps de préparation : 25 min
Temps de repos : 30 min
Temps de cuisson :
Temps total :

Ingrédients pour les pâtes fraîches sans gluten

  • 150 g de farine de riz blanc extra-fine
  • 80 g de fécule de tapioca
  • 50 g de fécule de pomme de terre
  • 7 g de psyllium blond en poudre (téguments moulus)
  • 4 œufs entiers, soit environ 200 g sans la coquille
  • 1 jaune d’œuf
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • 3 g de sel fin, soit une demi-cuillère à café
  • 20 à 40 ml d’eau froide, en réserve
  • Un peu de farine de riz pour le plan de travail

Chaque composant a un rôle précis : la farine de riz donne le corps et la tenue, la fécule de tapioca apporte le mordant et l’élasticité, la fécule de pomme de terre assouplit la feuille et l’empêche de casser. Le psyllium remplace le réseau de gluten. Aucun ne peut être supprimé sans changer le résultat.

  1. Mélange des poudres
    Pesez la farine de riz, les deux fécules, le psyllium et le sel dans un grand saladier. Fouettez à sec pendant une bonne minute, jusqu’à obtenir une poudre parfaitement homogène. Le psyllium doit être réparti uniformément : versé seul dans un liquide, il forme des grumeaux gélifiés qui ne se dissoudront plus.
  2. Incorporation des œufs
    Battez les œufs entiers, le jaune et l’huile d’olive dans un bol. Versez-les d’un seul coup au centre des poudres et mélangez à la fourchette jusqu’à ce que l’ensemble s’agglomère. Rassemblez ensuite à la main pendant 2 à 3 minutes, en pressant plutôt qu’en pétrissant. Il n’y a pas de gluten à développer, l’objectif est simplement d’hydrater toutes les poudres.
  3. Ajustement de la texture
    La pâte doit former une boule souple qui se détache des doigts sans laisser de résidu collant, un peu comme une pâte à modeler ferme. Si elle friable et refuse de se rassembler, ajoutez de l’eau froide une cuillère à café à la fois. Si elle colle nettement aux mains, ajoutez une cuillère à soupe de farine de riz. Attendez toujours une minute entre deux ajouts, le psyllium continue d’absorber.
  4. Repos, l’étape à ne pas sauter
    Emballez la boule dans du film alimentaire ou couvrez-la d’un bol retourné, et laissez reposer 30 minutes à température ambiante. C’est pendant ce repos que le psyllium et les fécules finissent de s’hydrater et que la pâte devient laminable. Sans lui, la feuille se fissure sur les bords à chaque passage, et aucune quantité de farine ne corrigera le problème.
  5. Laminage
    Coupez la boule en 4 morceaux, gardez-en trois couverts. Aplatissez le premier à la paume, farinez-le d’un voile léger de farine de riz et passez-le au laminoir à pâtes réglé sur l’écartement maximal. Ne pliez pas la pâte en trois : ce geste sert à orienter le réseau de gluten et n’a aucun intérêt ici, il ne fait que fragiliser la feuille. Descendez ensuite d’un cran à la fois, sans en sauter aucun.
  6. Découpe
    Arrêtez-vous autour de 1,5 mm d’épaisseur pour des tagliatelles, 1 mm pour des lasagnes. Fiez-vous à l’épaisseur réelle plutôt qu’au numéro affiché sur la machine, la numérotation étant inversée d’un modèle à l’autre. Découpez à la forme voulue, farinez très légèrement et disposez les pâtes en nids espacés sur un torchon. Répétez avec les autres morceaux.
  7. Cuisson
    Portez au moins 4 litres d’eau salée à ébullition franche : ces pâtes relarguent beaucoup d’amidon et un petit volume d’eau devient vite gluant. Plongez-les et comptez 3 à 4 minutes, nettement plus qu’avec du blé, le temps que les amidons gélatinisent complètement à cœur. Goûtez à partir de 3 minutes. Égouttez sans rincer et servez immédiatement avec votre sauce tomate préférée et un peu de parmesan, naturellement pauvre en lactose.

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Le conseil de Karen

Résistez à l’envie de fariner généreusement, c’est le réflexe le plus courant et le plus contre-productif. En sans gluten, l’excès de farine sèche ne s’hydrate jamais : il reste en surface, rend les pâtes râpeuses sous la dent et trouble l’eau de cuisson. Un voile de farine de riz suffit, et si la feuille colle vraiment, travaillez-la entre deux feuilles de papier cuisson plutôt que d’en rajouter.

Valeurs nutritionnelles indicatives pour 100 g de pâtes fraîches crues

Par 100 g — soit environ 355 kcal pour une portion de 137 g de pâtes crues.

Énergie 258 kcal
Glucides 43 g
Dont sucres 0,8 g
Protéines 6,9 g
Lipides 6 g
Fibres 1,4 g
Sodium 0,22 g

Valeurs calculées à partir des données Ciqual pour chaque ingrédient, rapportées au poids de pâte crue. Elles varient selon la quantité d’eau d’ajustement et le calibre des œufs.

Astuces et variantes pour les pâtes fraîches sans gluten

Mes idées pour varier vos pâtes maison

  • Pâtes colorées : une cuillère à soupe d’épinards cuits, pressés à fond et mixés avec les œufs, pour le vert. Une cuillère à café de concentré de tomate pour le rouge. Retirez l’équivalent en eau de réserve, ces ajouts apportent leur propre humidité.
  • Sans laminoir : étalez au rouleau entre deux feuilles de papier cuisson, ce qui évite tout ajout de farine. Visez une feuille aussi régulière que possible et découpez à la roulette. C’est plus long, mais le résultat est identique.
  • Version au sarrasin : remplacez 40 g de farine de riz par 40 g de farine de sarrasin pour un goût plus rustique, dans l’esprit des pizzoccheri. La pâte sera un peu plus fragile au laminage, restez à 1,5 mm minimum.
  • À la gomme xanthane : si vous n’avez pas de psyllium, 4 g de gomme xanthane font le travail. La texture est un peu plus élastique et légèrement plus caoutchouteuse à la cuisson, mais la feuille se lamine très bien.
  • Conservation par congélation : disposez les nids bien espacés sur une plaque, congelez à plat 2 heures, puis regroupez-les en sachet. Cuisez-les directement congelés, sans décongélation préalable, en ajoutant une minute de cuisson. Ils se gardent 2 mois.

Questions fréquentes – pâtes fraîches sans gluten

Peut-on utiliser un mix de farine sans gluten du commerce ?

C’est possible, mais le résultat dépend entièrement de sa composition. Un mix pâtisserie est formulé pour une mie tendre et friable, à l’opposé de ce que demande une pâte à pâtes. Regardez la liste d’ingrédients : s’il ne contient ni gomme xanthane, ni gomme de guar, ni psyllium, ajoutez 7 g de psyllium blond pour 280 g de mix. S’il en contient déjà, commencez par 3 g seulement.

À quoi sert le psyllium dans les pâtes sans gluten ?

Il remplace le réseau de gluten. Au contact de l’eau, ses fibres forment un gel visqueux qui rend la pâte extensible et lui permet de passer au laminoir sans se déchirer, puis de tenir dans l’eau bouillante. Sans lui, la feuille se fissure dès les premiers passages, quelle que soit la qualité des farines utilisées.

Pourquoi ma pâte se fissure au laminoir ?

Dans la grande majorité des cas, elle n’a pas assez reposé. Le psyllium et les fécules ont besoin de 30 minutes pour s’hydrater complètement, et une pâte laminée juste après le pétrissage se fend systématiquement sur les bords. Les deux autres causes fréquentes sont un excès de farine au plan de travail et un saut de crans trop rapide à la machine.

Combien de temps cuire des pâtes fraîches sans gluten ?

Comptez 3 à 4 minutes pour une épaisseur de 1,5 mm, soit nettement plus qu’une pâte fraîche au blé. Les amidons de riz et de fécule ont besoin de ce temps pour gélatiniser à cœur ; en dessous, la texture reste farineuse. La fenêtre est plus étroite qu’avec du blé, alors goûtez dès la troisième minute plutôt que de vous fier au chronomètre.

Comment conserver les pâtes fraîches sans gluten ?

Vingt-quatre heures au réfrigérateur dans une boîte hermétique, ou deux mois au congélateur. Je déconseille en revanche le séchage à l’air libre : un séchage domestique n’atteint pas l’humidité résiduelle des pâtes sèches industrielles, produites sous conditions contrôlées, et une pâte aux œufs partiellement séchée ne se conserve pas à température ambiante. La congélation en nids est la seule méthode vraiment fiable à la maison.


Cette recette demande un peu plus de rigueur qu’une pâte au blé, essentiellement sur deux points : la pesée des poudres et le respect du repos. En échange, la feuille se lamine sans se déchirer et les pâtes tiennent à la cuisson, ce qui n’était pas gagné d’avance. La texture reste différente de celle du blé, un peu plus tendre, un peu moins nerveuse, et je préfère le dire plutôt que de prétendre à une équivalence parfaite.

Une fois la formulation en main, tout le reste s’ouvre : raviolis, lasagnes, tagliatelles au sarrasin. Je prépare souvent une double quantité pour congeler la moitié en nids, ce qui donne un plat prêt en quatre minutes les soirs de semaine. Si vous testez cette recette, dites-moi dans les commentaires quelle épaisseur vous avez retenue et comment la pâte s’est comportée au laminoir. Ce sont les retours sur le laminage qui m’intéressent le plus, car c’est là que se joue la réussite de ces pâtes.

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